10 signes que la mort approche

26/11/2013
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (note moyenne: 4,0 / 5)

La lettre d’aujourd’hui est particulière.

Elle traite d’un sujet grave, douloureux, auquel nous sommes pratiquement tous appelés à être confrontés : les dernières heures d’un être aimé.

La mort, autrefois omniprésente, est aujourd’hui cachée. Plus de 80 % des décès ont lieu à l’hôpital. Elle est loin l’époque où l’on veillait les morts chez soi, où tous les proches, voire tous les habitants du quartier, étaient invités à venir lui rendre un dernier hommage et où l’on voyait régulièrement passer dans les rues la procession de personnes endeuillées suivant un corbillard.

La conséquence est que la plupart d’entre nous n’avons plus aucune familiarité avec la mort. Nous ne savons plus à quoi elle ressemble. Nous ne savons plus comment nous comporter.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de préparer cette lettre, qui peut paraître terrible.

Nul ne connaît le jour, ni l’heure de la mort, et c’est la raison pour laquelle mieux vaut se tenir prêt.

Cette lettre est donc à conserver précieusement. Car le jour où elle arrive, je peux vous dire d’expérience que le simple fait de connaître les gestes à faire permet de mieux dominer le bouleversement et la douleur terribles qui peuvent s’emparer de vous.

Alors voici les dix signes que la mort approche, et ce qu’il convient alors de faire. Je me suis efforcé de rester très factuel, car, suivant les rapports que chacun avait avec la personne à l’agonie (parent, enfant, conjoint, frère ou sœur, grand-parents…) les émotions sont particulières et doivent être considérées au cas par cas.

Perte d’appétit

Lorsque la mort approche, les besoins énergétiques diminuent. La personne commence à résister ou refuser de manger et de boire, et n’accepte que de petites quantité de nourritures fades (bouillie de céréale par exemple). La viande, difficile à digérer, est refusée en premier. A l’approche de la mort, la personne peut devenir incapable d’avaler.

Comment réagir : ne pas nourrir de force, respecter les signes donnés par la personne, même si vous pouvez être bouleversé et inquiet de cette perte d’intérêt pour la nourriture. Proposer régulièrement des petits bout de sorbet ou de glace, ou une gorgée d’eau. Passez une serviette humidifiée et chaude autour de la bouche et appliquez un baume pour les lèvres pour qu’elles restent humides et ne fassent pas mal.

Fatigue et sommeil excessifs

La personne dort la plupart du jour et de la nuit tandis que sont métabolisme ralentit, et que la faible prise de nourriture et de boisson contribuent à la déshydratation. Il devient difficile de la réveiller. La fatigue et si forte que la personne n’arrive plus à suivre ce qui se passe directement autour d’elle.

Comment réagir : laissez la personne dormir. Evitez de la réveiller brutalement. Partez du principe que tout ce que vous dites peut être entendu, car l’ouïe continue à fonctionner, même lorsque la personne est inconsciente, et même dans le coma.

Affaiblissement

Le manque de nourriture et la fatigue affaiblissent la personne au point qu’elle peut devenir incapable de lever la tête, ou même d’aspirer dans une paille.

Comment réagir : concentrez-vous sur le confort de la personne.

Confusion mentale

Les organes commencent à ne plus fonctionner, y compris le cerveau. Peu de maladies provoquent une hyper-acuité (niveau élevé de conscience) lorsque la fin approche. En général, les mourants ne savent plus précisément où ils sont ni qui est dans la pièce, parlent et répondent moins souvent, s’adressent à des personnes que les autres ne voient pas, peuvent paraître dire des choses insensées, s’agiter et fouiller dans leurs draps.

Comment réagir : restez calme et rassurant. Parlez à la personne doucement et expliquez-lui qui vous êtes lorsque vous approchez.

Respiration laborieuse

La respiration devient irrégulière, difficile. Vous pouvez entendre une forme distinctive de respiration appelée respiration de Cheyne-Stokes (RCS) : une fo rte et profonde inhalation suivie d’une pause qui peut durer de cinq secondes à une minute complète, avant une forte reprise de la respiration puis de nouveau un épuisement. C’est ce qu’on appelle aussi « l’apnée du sommeil », qui est provoquée par des variations de pression artérielle et de concentration du sang en dioxyde de carbone.
Les poumons et la gorge peuvent aussi produire des sécrétions excessives qui créent de forts bruits d’inspirations et d’expirations qu’on appelle le « râle ».

Comment réagir : l’apnée et le râle peuvent être inquiétants pour les personnes présentes, mais le mourant n’est pas conscient de ces modifications de sa respiration. Encore une fois, concentrez-vous sur le confort de la personne. Les positions qui peuvent aider sont la tête légèrement relevée sur un oreiller, assoir la personne en la tenant bien avec des coussins et un dossier solide, ou la coucher légèrement inclinée sur le flanc. Humectez la bouche avec une serviette humide, éventuellement un brumisateur et mettez du baume sur les lèvres.
S’il y a beaucoup d’écoulements de la bouche et du nez, essuyez délicatement sans chercher à moucher la personne. Restez calmement auprès de la personne, tenez lui la main ou parlez lui doucement.

Isolement social

Au fur et à mesure que le corps s’arrête de fonctionner, la personne mourante perd de l’intérêt pour les personnes qui l’entourent. Elle peut arrêter de parler, marmonner de façon inintelligible, arrêter de répondre aux question, ou simplement tourner le dos.
Quelques jours avant de se couper de son environnement, la personne peut parfois surprendre ses proches par une dernière effusion de joie et d’affection, qui peut durer moins d’une heure et jusqu’à une journée entière.

Comment réagir : soyez conscient qu’il s’agit d’une partie normale du processus de mort, qui n’a rien à voir avec la relation que vous aviez avec la personne. Maintenez une présence physique en touchant la personne et en continuant à parler, si vous vous sentez de le faire, sans demander quoi que ce soit en retour. Profitez immédiatement d’un moment de lucidité s’il se produit, parce qu’il s’évanouira rapidement.

Ralentissement des mictions (urine)

Le faible volume de boisson et la baisse de la pression sanguine contribue à réduire l’activité des reins. L’urine devient très concentrée, brunâtre, rougeâtre ou couleur de thé. Il peut aussi y avoir une perte de contrôle des sphincters à l’approche de la mort.

Comment réagir : le personnel hospitalier peut parfois décider qu’un cathéter (une sonde) est nécessaire, sauf dans les dernières heures de la vie. L’arrêt de la fonction rénale augmente les toxines dans le sang et peut contribuer à provoquer un coma paisible avant la mort. Mettez une alaise sur le matelas en changeant les draps.

Pieds et chevilles qui enflent

Lorsque le fonctionnement des reins ralentit, les liquides peuvent s’accumuler dans le corps, en particulier dans les zones éloignées du cœur comme les pieds et les chevilles. Ces zones, ainsi que les mains et le visage, peuvent gonfler.

Comment réagir :
 en général, aucun traitement particulier (comme des diurétiques) n’est donné lorsque ces gonflements sont liés à l’agonie. Il s’agit d’une conséquence, et non d’une cause, de l’approche de la mort.

Extrémités froides

Dans les heures ou les minutes avant la mort, la circulation sanguine se retire de la périphérie du corps pour se concentrer sur les organes vitaux. Pendant que cela se produit, les mains, les doigts, les pieds et les orteils deviennent froids. Les ongles peuvent paraître pâles ou bleutés.

Comment réagir :
 une couverture chaude peut maintenir le confort de la personne, et la maintenir consciente. La personne peut se plaindre du poids de ce qui la couvre donc ne la serrez pas trop.

Veines marbrées

La peau qui avait été uniformément pâle ou cendrée développe un modèle distinctif de marbrures violacées/rouges bleue, qui est l’un des signes que la mort est imminente. C’est le résultat du ralentissement de la circulation sanguine. On voit d’abord ces marbrures apparaître sur la plante des pieds.

Comment réagir : il n’y a rien de particulier à faire.

NB : Les signes de la mort énumérés ci-dessus décrivent un processus de mort naturelle. Ils peuvent varier d’une personne à l’autre. Si une personne est maintenue en vie artificiellement (respirateur, tube d’alimentation), le processus de la mort peut être différent.

Connaître ces différents signes peut aider à traverser ce douloureux moment sans être plus désemparé encore qu’on ne l’est déjà. Et si vous n’êtes pas « concerné » par cette lettre, réjouissez-vous et, surtout, profitez de chaque instant où les personnes que vous aimez sont encore bien vivantes et en pleine santé auprès de vous.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (note moyenne: 4,0 / 5)
Cliquez ici pour voir les commentaires

Découvrez les articles qui concernent ...

Ce matin à Roissy

06/11/2017

Trente lecteurs de SNI s’envolent pour le Japon Chère lectrice, cher lecteur, L’excitation est à son comble !! Trente lecteurs de...

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (note moyenne: 3,5 / 5)
arrow Lire l’article

Bonnes nouvelles sur l’environnement !

05/11/2017

Les 6 informations qui mettent de bonne humeur Chère lectrice, cher lecteur, Mes enfants reviennent de plus en plus dépressifs de...

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (note moyenne: 4,5 / 5)
arrow Lire l’article

Mauvaise nouvelle pour nos enfants

02/11/2017

L’effet des smartphones sur nos jeunes est plus qu’effrayant Chère lectrice, cher lecteur, Personne, je pense, n’avait anticipé l...

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (note moyenne: 3,5 / 5)
arrow Lire l’article

Commentaires sur l'article
''10 signes que la mort approche''

Poster un Commentaire

281 Commentaires sur "10 signes que la mort approche"

avatar
Amandine
Amandine
Bonjour, Merci pour cet article. Je voulais ajouter quelque chose sur la confusion mentale. Mon mari est décédé il y a 3 mois des suites d’une maladie. Il a été accompagné par l’équipe hospitalière jusqu’à la fin. Quand on lui a annoncé qu’il entrait désormais en phase de soins palliatifs,… Lire la suite »
HELOISE
HELOISE

. Je pense que les soins palliatifs devraient porter ceci à la connaissance de la famille. J’ai été totalement désemparée lors du décès de mon mari par manque d’information et de soutien du milieu médical.
Merci

Elisabeth
Elisabeth
Oui la mort fait partie de notre vie .Je fais partie d ‘une équipe mobile de soins palliatifs et je m ‘aperçois de la profonde ignorance de l’approche d’une personne mourrante..la peur, le désarroi, l’oublie dans notre société des gestes simples et le « manque de temps » , cette fuite en… Lire la suite »
Titel
Bonjour dame Elisabeth, Je viens de découvrir juste à l’instant votre message. Et j’ai été touché par la phrase suivante. (Prenez le temps, donnez-vous le temps et figer ainsi cette pensée…Afin de faire « votre chemin « d’amour » …) Je trouve que ce que vous dites est juste et… Lire la suite »
Gendre Gilbert
Gendre Gilbert
J’apprécie beaucoup vos informations qui me sont très utiles… Celles concernant le mourant , je ne pourrai pas les appliquer par ce que le mourant sera moi ! Je suis un homme, j’ai 88 ans, je vis seul.Je n’ai pas peur de la mort mais je m’efforce de finir en… Lire la suite »
Nguyen Patricia
Nguyen Patricia

J’admire votre çommentaire Gilbert et votre lucidité je vous souhaite de vivre en superbe forme de nombreuses années
Patricia

fernandez
fernandez

monsieur gendre vous avez toute mon admiration pour l’élégance de votre message .je vous souhaite une longue et trés heureuse vieillesse en pleine forme jusqu’au bout du chemin

marie
marie

C bien triste de mourir seul
quand mon tour viendra je serais seul avec mes chiens
je serai avec vous en penser
bon courage

Éric
Éric

Félicitations

Sylvie
Sylvie
Merci pour votre lettre, tellement enrichissante. Cette lettre est arrivée un peu trop tard pour nous. Nous avons perdu mon beau-père le 22-11, elle aurait été une très bonne ressource. Cependant, à défaut de l’avoir eu pour nous guider nous sommes impressionnés de voir à quel point elle nous fait… Lire la suite »
Maillot
Un grand merci pour cet article, dans qqes mois ou semaines je serai hélas confronté à la mort. Mon papa étant gravement malade. J’ai envoyé ce mail à ma soeur et mon frère. J’ ai fait par deux fois de l’accompagnement de fin vie il y a deux mois .… Lire la suite »
Gélis Jacqueline
Gélis Jacqueline
Le 19 mai 2014 Bonjour, Je viens de lire votre article que ma fille vient de me transmettre et je regrette vraiment qu’elle ne l’ai pas découvert avant la mort de ma mère (qui était sa grand’mère chérie) décédée le 4 avril 2014 (elle allait avoir 94 ans). Quelle souffrance… Lire la suite »
bernard
bernard
bonjour je suis actuellement entrain de perdre ma mere elle a 59 ans a ete malade toute sa vie ….apres avoir lu l article la verite est revenu en pleine figure ….ma question c etait combien de temps cette situation peut elle durer car a lire l article on dit… Lire la suite »
Marsala Marie
Marsala Marie
Je suis entrain de vivre cet’instant avec ma maman qui est en fin de vie ..je suis tombé par hazar sur cet article…je suis tout a fait du même avis que Gélis Jacqueline …le corps médical ne nous explique rien de tout çà , juste qu’elle en a plus pour… Lire la suite »
maude
maude
Bonjour,, Je suis tout a fait d’accord. Le corps médical ne nous renseigne pas et nous pouvons imaginé toute sortes de choses (un effet secondaire d’un medicament ou autre). Votre article m a bien aider à réaliser que mon pere de 56 ans était en fin de vie et les… Lire la suite »
bourry
bourry
Bonjour, Le recul d’humanité qui marque des pans entiers de notre société, touche aussi la médecine allopathique dominante si ce n’est hégémonique,.parmi toutes les autres, .. Liée à la pharmaco-chimie, cette pratique médicale s’accommode du fait que les consultations se fassent au rythme de 4 patients à l’heure et +… Lire la suite »
dorotée
dorotée
bjr jacqueline.je viens de ire votre commentaire .et Sacher que je comprend .je ss en train de vivre la même chose ….oui ces vrai on se dit que tout va rentrer dans l ordre .mais voila!!! je trouve quand même que le corp médical devrai nous dire que ces la… Lire la suite »
johanna
johanna
Quand le corp médical informe peu sur ces manifestations, ce n est pas toujours par incompétence.Ils laissent esperer la famille.Pourquoi? parce qu ainsi;l espoir s amenuise chaque jour naturellemnt,et le deces est plus « facile » a annoncer et a accepter.Si le médecin dit « bon, ben là, c est le signe qu… Lire la suite »
peyrol martoune
peyrol martoune

soeurs dans la souffrance, je vous assure de toute mon amitié, ma compassion et compréhension ; je vous souhaite un grand courage

raviat
raviat

merci pour cette lecture .
Maman vient de partir et je retrouve dans votre article des informations que j aurais tant aimé lire avant pour mieux adapter mon attitude auprès d ‘elle .
A partager avec un maximum de personnes
Merci encore
Isabelle

Christelle
Christelle
Bonjour J’ai assisté mon papa les deux dernières années de sa vie jusqu’à son dernier souffle en août 2013 et tout ce que vous avez écrit dans votre lettre est vrai. Le toucher, le parler, le réconfort sont les plus importants et je trouve dommage que les gens laissent leur… Lire la suite »
Anne Françoise de Vignier
Anne Françoise de Vignier
Bonjour, il ya deux ans, j’ai perdu mon mari dans des circonstances très tristes : tumeur cérébrale ou glioblastome de stade IV, en six mois avec hémiplégie droite ainsi que cécité non dite , même quand il parlait( très très peu). Donc, il n’y a eu aucun échange entre nous,… Lire la suite »
dan
dan
Bonjour anne-françoise, Que de courage vous devez avoir pour affronter cette étape si dure en solitaire. courage et ne baissez pas les bras, la vie est belle, profitez-en; vivez, sortez, bougez, riez, mangez, amusez-vous comme vous pouvez et dites-vous que là où il se trouve il est heureux et en… Lire la suite »
1 2 3 26
wpDiscuz