Viande rouge : plus de maladies intestinales

26/06/2013
Viande rouge : plus de maladies intestinales
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Les maladies intestinales (cancers digestifs, maladies inflammatoires intestinales, diverticulose colique…) ont beaucoup augmenté au 20e siècle. La cause principale est très probablement l’augmentation de la consommation de viande rouge de mauvaise qualité : charcuterie, viande d’élevages industriels.

Luxe jusqu’en 1945, où l’on n’en mangeait pas plus de deux fois par semaine, la viande est aujourd’hui omniprésente dans nos assiettes. Au restaurant, on ne se pose pratiquement pas la question : à part quand on mange du poisson, il y a toujours de la viande. Les personnes qui choisissent un plat de légumes sont regardées bizarrement.

Pourtant, les statistiques sont évidentes : dans tous les pays du monde où la consommation de viande rouge augmente, les maladies digestives augmentent. (1)

Cancer du côlon

Partout où la consommation de bœuf augmente, le cancer du côlon se développe.

L’explication possible est que la viande de bœuf contient des virus qui résistent à la cuisson. Or, lorsque vous faites cuire votre viande de bœuf, des nitrosamines cancérogènes apparaissent. Les virus bovins attaqueraient la paroi de vos intestins, créant ainsi des infections prêtes à se cancériser sous l’effet des nitrosamines.

Il faut noter en effet que la cuisson du poulet et du poisson fait aussi apparaître des nitrosamines cancérogènes, mais que leur consommation n’augmente pas le risque de cancer du côlon. Cela s’expliquerait par l’absence de virus attaquant la paroi des intestins, dans ces viandes.

Une autre cause de cancer pourrait être le fer héminique contenu dans la viande rouge, donc celle du bœuf mais aussi le veau, l’agneau, le porc, le canard, l’oie, le lapin, le cheval et les abats. (2) Le fer oxyde les cellules, l’ADN, les lipides et les protéines intracellulaires, ce qui à la longue semble favoriser l’émergence de cancers. (3)

Selon une étude réalisée sur 88 751 femmes, manger de la viande de bœuf, de porc ou d’agneau en moyenne une fois par jour multiplie par 2,49 le risque de cancer du côlon, par rapport aux femmes consommant ces viandes moins d’une fois par mois. (4)

Autres maladies intestinales provoquées par l’excès de viande

La maladie de Crohn est favorisée par la consommation de viande. La viande n’est en effet pas totalement absorbée dans l’intestin grêle (première partie des intestins, après l’estomac), elle passe dans le côlon où elle va fermenter sous l’effet des bactéries de la flore intestinale. Cette fermentation produit des dérivés toxiques qui attaquent la muqueuse de l’intestin. Cela peut provoquer des saignements, diarrhées et douleurs abdominales pénibles caractéristiques de la maladie de Crohn. (5)

Le côlon, qui est donc la deuxième partie de l’intestin, où la nourriture achève d’être dégradée par la flore intestinale, peut aussi, sous l’effet de la viande, développer de petites poches où les matières fécales se bloquent. Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est pas très propre et cela provoque des infections, voire une perforation dans l’abdomen (péritonite). Cette maladie, appelée diverticulose colique, est typique de l’alimentation occidentale riche en viande, et bien moins répandue chez les végétariens. (6)

La viande augmente le risque d’endométriose chez les femmes (présence de tissu endométrial à l’extérieur de l’utérus). Une étude datant de 2004 a prouvé que les femmes qui consomment le plus de viandes rouges avaient deux fois plus de risques d’avoir une endométriose. (7)

Une consommation quotidienne de 100 g par jour augmente d’environ 20% les risques de déclencher un diabète de type 2. (8)

D’autres maladies telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers de l’estomac, de la vessie et la maladie d’Alzheimer seraient favorisées par la viande. (9)

De quoi est faite la viande que vous mangez ??

Il faut toutefois se garder de diaboliser un aliment qui fait partie depuis les plus lointaines origines, de l’alimentation de l’homme.

Le problème de la viande pourrait en fait largement être causé par la qualité déplorable de la viande que nous consommons aujourd’hui.

Pour augmenter la productivité des élevages, les animaux sont aujourd’hui nourris au maïs, aux grains, aux farines animales, souvent encore enrichis d’additifs. Les animaux, on le sait, vivent dans une surpopulation souvent impensable, et sont abattus dans des conditions si horribles que l’ancien Beatles Paul McCartney a pu déclarer : « Si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien ».

Nous sommes très loin du brave troupeau broutant l’herbe verte et les pâquerettes de pâturages verdoyants, qui sont les conditions de vie naturelles des bovins, et cela pourrait largement expliquer les effets délétères de la consommation de viande sur notre santé.

Pour l’ensemble de ces raisons, et d’autres encore qui tiennent à la protection de l’environnement, Jérémy Anso du site de nutrition « Dur à Avaler » recommande fortement de ne pas dépasser 300 grammes de viande par semaine, ce qui équivaut à deux steaks hachés ou une grosse portion au restaurant. (10)

Cette recommandation me paraît très raisonnable en effet.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

Sources :

(1) voir http://l-ordonnance-ou-la-vie.com/viande-maladies-intestinales/

(2) Tappel, Al. 2007. « Heme of consumed red meat can act as a catalyst of oxidative damage and could initiate colon, breast and prostate cancers, heart disease and other diseases ». Medical Hypotheses 68 (3): 562–564. doi:10.1016/j.mehy.2006.08.025.

(3)               Cross, A. J., L. M. Ferrucci, A. Risch, B. I. Graubard, M. H. Ward, Y. Park, A. R. Hollenbeck, A. Schatzkin, et R. Sinha. 2010. « A Large Prospective Study of Meat Consumption and Colorectal Cancer Risk: An Investigation of Potential Mechanisms Underlying this Association ». Cancer Research 70 (6) (mars 9): 2406–2414. doi:10.1158/0008-5472.CAN-09-3929.

(4)               Willett, W C, M J Stampfer, G A Colditz, B A Rosner, et F E Speizer. 1990. « Relation of meat, fat, and fiber intake to the risk of colon cancer in a prospective study among women ». The New England Journal of Medicine 323 (24) (décembre 13): 1664–1672. doi:10.1056/NEJM199012133232404.

(5)               Maconi, Giovanni, Sandro Ardizzone, Claudia Cucino, Cristina Bezzio, Antonio-Giampiero Russo, et Gabriele Bianchi Porro. 2010. « Pre-illness changes in dietary habits and diet as a risk factor for inflammatory bowel disease: a case-control study ». World Journal of Gastroenterology: WJG 16 (34) (septembre 14): 4297–4304.

(6)               Aldoori, Walid, et Milly Ryan-Harshman. 2002. « Preventing diverticular disease. Review of recent evidence on high-fibre diets. » Canadian Family Physician 48 (octobre): 1632.

(7)               Parazzini F, Selected food intake and risk of endometriosis. Hum Reprod. 2004 Aug;19(8):1755-9. Epub 2004 Jul 14.

(8)               An Pan, Qi Sun, Adam M Bernstein, Matthias B Schulze, JoAnn E Manson, Walter C Willett, Frank B Hu ; Red meat consumption and risk of type 2 diabetes: 3 cohorts of US adults and an updated meta-analysis. American Journal of Clinical Nutrition, first published August 10, 2011, doi: 10.3945/ajcn.111.018978.

(9)               Cross, A. J., L. M. Ferrucci, A. Risch, B. I. Graubard, M. H. Ward, Y. Park, A. R. Hollenbeck, A. Schatzkin, et R. Sinha. 2010. « A Large Prospective Study of Meat Consumption and Colorectal Cancer Risk: An Investigation of Potential Mechanisms Underlying this Association ». Cancer Research 70 (6) (mars 9): 2406–2414. doi:10.1158/0008-5472.CAN-09-3929.

(10)           http://www.dur-a-avaler.com/2-steaks-300-grammes-semaine-maximum/

 

 

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Commentaires sur l'article
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48 Commentaires sur "Viande rouge : plus de maladies intestinales"

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Prisca
Prisca
Bonjour, Je cherchais à savoir si vous avez publié des articles qui parlent de l’endométriose. C’est une maladie complexe qui touche une femme sur dix et dont l’origine est méconnue. C’est du grand n’importe quoi de parler de l’endométriose en ces termes. Parler de consommation de viande rouge est très… Lire la suite »
Monyka-Sensible
Monyka-Sensible
bonjour, je le confirme , j’ai mangé de la viande une grande partie de ma vie , j’ai 65 ans . A 60 ans étant en retraite , j’ai arrêté en prenant une petite chienne , mes prises de conscience sont venues aussi à la suite de vers , dans… Lire la suite »
Marianne
Marianne
Alors là je ne comprends pas. Le Dr Hertogue préconise exactement l’inverse! Il ne conseille pas 300g/semaine mais 200 à 250g/jour de produits animaux (viande, poisson, oeufs). Or si on ne veut pas faire une overdose d’oeufs, il faut bien manger et viande et poisson. Si on doit suivre un… Lire la suite »
J de C
J de C
Entendre un discours comme celui-là ,aujourd’hui,indépendamment du fait qu’il prévient les obstinés de la viande,est amusant.Il ya bien longtemps que l’on sait que H+ tue par excés d’acidification & que OH- ,entretient la quintessence de la vie sur terre ,de même que l’homme a un intestin trop long pour être… Lire la suite »
franssoa
franssoa

Mais qui pourrait donner le nom d’une boucherie parisienne qui vende du boeuf de Salers ?

louve687
louve687
Bonjour c’est la première fois que je donne un avis chez vous. Le monde a évolué aujourd’hui c’est la quantité et non la qualité qui compte. Les maladies que nous pouvons attrapées tout le monde s’en fou. Je suis bénévole pour les animaux qui sont ma seule raison de vivre… Lire la suite »