Anxiété : la thanatophobie (ou peur de la mort)

30/07/2020
Anxiété : la thanatophobie (ou peur de la mort)
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Anxiété : la thanatophobie (ou peur de la mort)

Je lis un article sur la “thanatophobie” (peur de la mort) sur un des meilleurs sites de santé sur Internet (Healthline, un site américain). [1]

Ils expliquent que la thanatophobie peut provoquer une forte anxiété :

“Les personnes touchées souffrent d’anxiété, de peur, de détresse, à la pensée de leur propre mort, ou de celle d’un proche ; le traitement consiste à exprimer ses sentiments et son ressenti”, expliquent-ils.

“Si les symptômes d’anxiété durent plus de six mois, votre médecin peut vous renvoyer vers un professionnel comme un thérapeute, un psychologue ou un psychiatre.”

Ils se moquent de nous

Je constate de plus en plus souvent ce type d’articles, sur Internet ou dans ma boite mail.

La solution à tous les problèmes revient au bout du compte à “parler”, “exprimer son ressenti”, comme si c’était une formule magique :

“Exprimez-vous ! N’ayez pas peur de dire vos émotions, vos sentiments ! Allez voir un professionnel. Et tout ira mieux.”

Soi disant.

En fait, exprimer ses problèmes n’est que la toute première étape, pour sortir du déni et de la confusion.

Les angoisses, comme celle de la mort, peuvent être si fortes qu’on n’arrive pas à se les avouer à soi-même.

Il est alors important de les exprimer par la parole, ou  l’écriture, ou encore d’autres modes d’expression selon le tempérament de chacun : peinture, chant, art, danse, expression corporelle.

Maintenant, exprimer ne fait pas disparaître le problème.

Ce n’est pas la solution. C’est juste la première étape.

Exprimer ne fait pas disparaître le problème

Vous et moi savons parfaitement que la vie comporte bien des épreuves, des douleurs, qui sont beaucoup trop réelles et beaucoup trop graves pour disparaître simplement parce qu’on les a exprimées :

“J’élève seule mes trois jeunes enfants, ma mère a Alzheimer, j’ai perdu mon emploi avec le Covid et on vient de me diagnostiquer un cancer.”

Il s’agit d’un cas réel. Il est normal que cette personne soit angoissée, et qu’elle redoute la mort et ses conséquences pour ses enfants, pour sa maman, pour elle-même. Est-elle victime de “thanatophobie” ?

Non.

Elle souffre de problèmes très réels et très douloureux. Exprimer ses émotions et ses sentiments ne suffira pas.

Pour aller mieux, découper les problèmes en petits bouts

Cette personne ne peut espérer aller mieux que si :

  • elle réussit à trouver un traitement à son cancer ;

  • elle trouve une solution pour ses enfants, et sa maman,

  • elle trouve les ressources nécessaires pour faire face à ses épreuves.

Tout cela n’est, évidemment, pas facile. C’est peut-être même impossible.

Et pourtant, il faut absolument faire quelque chose.

Même si cela se réduit à presque rien, ce sera toujours mieux que rien.

L’approche réaliste, et éprouvée par l’expérience, est d’aider la personne à découper ses problèmes en petits bouts, aussi petits que nécessaire pour qu’elle soit capable de les appréhender, les regarder en face, et les gérer.

C’est la symbolique du chevalier et du dragon : pour vaincre le dragon, il faut d’abord le découper en petits morceaux avec son épée.

Bien souvent, chaque fois qu’on coupe une tête au dragon, sept têtes repoussent ! Cela symbolise le fait que, lorsque vous vous attaquez sérieusement à vos problèmes, il se passe généralement d’abord une période où les problèmes semblent empirer.

Vous décidez, par exemple, d’avoir enfin une explication franche avec votre patron qui, depuis un certain temps, ne vous confie plus que des dossiers “pourris”. Vous saviez depuis longtemps qu’il y avait un problème, mais vous ne saviez pas exactement lequel. En fait, vous n’aviez que trop retardé l’explication, par crainte de ce que vous alliez découvrir. Une fois la discussion engagée, non seulement vous découvrez qu’il est insatisfait de vous, mais vous découvrez aussi qu’il avait pour projet de vous licencier et refuse de vous recommander à votre prochain employeur !

C’est la multiplication des problèmes, la symbolique de l’hydre de Lerne, mais cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer traiter les problèmes.

Au contraire.

Le plus grand risque n’est pas de se tromper, mais de s’enliser

Quand on interroge les personnes âgées, elles disent en général que leurs pires regrets ne concernent pas leurs erreurs, ni leurs échecs, mais les choses qu’elles n’ont pas osé faire, alors qu’elles savaient qu’elles devaient les faire.

Le risque le plus grand dans la vie n’est pas de souffrir, ni d’échouer dans ce qu’on entreprend, mais de s’enliser dans l’inaction.

Car l’inaction est cause de désespoir et de multiplication des problèmes.

La crainte de la mort fait partie de ces perspectives terribles et paralysantes

La crainte de la mort fait partie de ces perspectives terribles et paralysantes.

Elle est reconnue par la psychanalyse comme une des plus grandes peurs de l’être humain, quoi qu’on puisse régulièrement avoir encore plus peur de ce qui nous arrivera avant de mourir.

La mort est forcément un mystère angoissant. Même pour ceux qui croient en l’au-delà, reste l’incertitude de ce qui se passera alors vraiment.

Hamlet, le célèbre héros de Shakespeare, renonce à se suicider tant il a peur de ce qu’il va découvrir dans l’au-delà. “Être ou ne pas être, telle est la question”, dit-il, ce qui signifie “il faut décider si on veut vivre ou mourir, car vivre est difficile, douloureux, et mourir peut paraître une délivrance bien pratique.”

Néanmoins, ajoute-t-il, le gros problème est qu’on ne sait pas ce qu’on trouvera après la mort. Peut-être la mort est-elle comme un sommeil profond, et alors ce n’est pas si désagréable. Mais peut-être y aura-t-il des songes inquiétants. Ma souffrance sera alors éternelle, puisque je ne pourrai pas me réveiller !! “C’est là le hic”, dit-il. “Car, échappés des liens charnels, si, dans ce sommeil du trépas, il nous vient des songes… halte-là !”, dit-il juste après son célèbre “être ou ne pas être”.

Aucune psychanalyse, aucune séance d’expression ni d’extériorisation de l’angoisse de la mort ne pourra répondre à ces questions.

La solution ne se trouve pas là, mais dans une réflexion longue, qui peut durer toute la vie, sur le sens de l’existence : “Philosopher, c’est apprendre à mourir”, disait Platon. Ce qui suppose de consacrer un temps et une énergie importants à lire, se former, auprès des meilleures sources de sagesse, pour, enfin, arriver à approcher la mort, sans peur, et donc sans “thanatophobie”.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

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