Se méfier des diagnostics psychiatriques

06/08/2019
Se méfier des diagnostics psychiatriques
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Les diagnostics psychiatriques n’ont parfois aucun sens

Depuis 300 ans, les médecins s’échinent à créer des classifications pour faire entrer les malades mentaux dans un moule.

Certains ont voulu inventorier toutes les maladies mentales possibles. La liste la plus connue est celle que publie l’Association américaine des psychiatres (American Psychiatric Association). Elle est utilisée dans le monde entier, et sert de « Bible » des maladies mentales.

Problème : il y a aujourd’hui tant de maladies que plus personne ne s’y retrouve !

En 1917, la liste, appelée le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) comptait 59 maladies mentales. Ce nombre est passé à 128 en 1859, 227 en 1980, 350 en 1994.

La fabrique des malades mentaux

Pour chaque maladie, le DSM donne une liste de critères et le nombre de cases qu’il faut cocher pour être diagnostiqué officiellement comme « malade ».

Comme les critères des maladies sont flous, beaucoup de personnes saines d’esprit pourraient correspondre à une ou plusieurs maladies : schizophrène, psychotique, maniaco-dépressive, bipolaire, dépressive, borderline ou juste « originale » …

« De nombreuses personnes timides, en deuil, excentriques ou ayant un mode de vie non-conventionnel peuvent être catégorisées malades mentales », s’inquiète Peter Kinderman, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Liverpool. « Ce n’est pas respectueux de la dignité humaine, ce n’est pas scientifique, et cela n’aide pas à décider de quelle aide la personne a besoin. » [1]

Sans surprise, ce système aboutit à une multiplication effrénée du nombre de personnes diagnostiquées comme malades mentales.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, 50 millions de démences, 60 millions de troubles bipolaires, 23 millions de schizophrénie. [2] Toutes ces maladies, réelles ou supposées, nourrissent une industrie gigantesque, et représentent un coût de 16 billions de dollars (16 000 milliards de dollars) sur la période allant de 2010 à 2030, selon 28 spécialistes de psychiatrie, neurosciences et de santé publique, réunis dans une commission de la revue médicale « The Lancet ».

Qu’est-ce qu’être « normal » ?

Qu’est-ce qu’être normal ? À partir de quel moment doit-on se considérer comme « malade » ?

Ce problème aussi ancien que la médecine, n’est toujours pas résolu.

« Malade » signifie, étymologiquement, être en mauvais état.

Mais bien sûr, on peut être en « mauvais état » pour bien d’autres raisons qu’une maladie :

On peut souffrir de ses imperfections (physiques, mentales, sociales…) sans que cela ne soit une maladie, guérissable par des médicaments.

Il y a les souffrances provoquées par ses parents, ou ses enfants, ou ses voisins, ou son chef, ou ses collègues, ou la combinaison de plusieurs de ces facteurs. La cause de la maladie est alors familiale ou sociale, et là encore la médecine n’a pas de solution.

Il y a des souffrances créées par l’environnement, la vie moderne : bruit, destruction de l’environnement, perturbateurs endocriniens, radiations, influence néfaste des médias…

Tout cela peut suffire amplement à provoquer une souffrance qui, suite à une visite chez le psychiatre, aboutira à un diagnostic de « troubles mentaux » et à une prescription de médicaments anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, voire antipsychotiques…

Et ces souffrances morales déboucheront, fréquemment, sur des maladies physiques.

Maladies physiques causées par le mal-être

Car à force de souffrir, certaines personnes se mettent à trop fumer, trop boire, trop manger, trop prendre de « médocs ».

C’est ainsi qu’elles se dérèglent le système, et déclenchent par exemple un syndrome métabolique (obésité, hypertension, tendance au diabète…).

À son tour, le syndrome métabolique fait le lit de l’arthrose, des maladies cardiaques, du cancer, de la dépression…

Seuls les bons médecins humanistes peuvent guérir ces maladies, en traitant la vraie cause

D’où l’importance d’avoir des médecins humains, bienveillants, perspicaces, qui savent comprendre leurs patients.

Des médecins qui s’intéressent à l’origine de leurs souffrances. Qui savent poser le juste diagnostic, pour identifier la cause réelle des maladies.

Ces médecins seuls peuvent soigner.

Ceux qui refusent de s’intéresser à leurs patients en tant qu’êtres humains, et qui ne veulent que mesurer des taux, examiner des images et des résultats d’analyse sanguine, qui estiment que l’approche humaine n’est pas scientifique, se tromperont toujours de cible. Car ceux qui ignorent les véritables causes ne peuvent pas donner le bon traitement.

Face à une médecine trop technique et bureaucratique, beaucoup parmi les meilleurs médecins ont choisi de se tourner vers l’homéopathie et les médecines naturelles et alternatives. Pour renouer avec les gens. Pour retrouver le sens de leur métier. Pour avoir le temps de faire un vrai travail de médecin, qui s’intéresse à la personne dans toute sa complexité, avec son histoire, sa famille, la société dans laquelle elle vit.

Aujourd’hui, ces bons médecins sont attaqués. Traités de charlatans. Ridiculisés à cause d’une approche jugée « non-scientifique ».

Quelle erreur. Quelle injustice. Et quel gâchis.

Cela finira par changer. La pression des patients se fait de plus en plus grande pour qu’on respecte leurs droits. Aujourd’hui, les élites politiques françaises ne l’ont pas encore mesuré. Elles continuent à promouvoir l’intolérance et une vision étriquée de la médecine.

Mais la prise de conscience dans la population va exactement dans le sens inverse. En continuant notre travail d’information, nous finirons forcément par gagner, et faire progresser la cause du bien des malades.

Mais cela demande du courage, de la persévérance, et que chacun se mobilise à son niveau pour s’informer, s’engager, soutenir le mouvement.

Sans quoi nous allons droit vers une société où nous serons tous malades, ce qui arrange peut-être bien l’industrie pharmaceutique, mais qui est l’exact contraire du bien commun.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

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Anne-Marie
Anne-Marie
1 année plus tôt

Tout à fait exact. Nous avons la chance de connaître un bon médecin-femme ! Quel courage il lui faut tout de même.

HISTRE
HISTRE
1 année plus tôt

Bonjour, tout à fait clair. Aussi connaissez votre des thérapeutes dans ce domaine dans le 64?,cordialement. Any.

Etienne Schmitt
Etienne Schmitt
1 année plus tôt

Tout à fait d´accord avec votre article. Il faut non seulement se méfier des « diagnostics psychiatriques » mais dénoncer les abus honteux en psychiatrie, de la psychiatrisation de personnes saines de corps et d´esprit . Des méthodes administratives, médico/politique qui permettent de détruire des vies …etc .

Je suis l´une des victimes de ce « système ».

Si vous le souhaiter, vous pouvez consulter mon histoire , cette affaire, sur mon site internet : http://etienne.saverne.free.fr

Au bout du compte ma demande à la France , c´est une réhabilitation dans mon bon droit en bonne et du forme.

SAMUEL Raymond
SAMUEL Raymond
1 année plus tôt

Bonsoir,
Vos articles surclassent habituellement les autres discours. Celui-ci s’aligne sur le convenu. Il est impossible, en effet que vous ignoriez, à la fois, la profusion de personnes en difficultés psychoaffectives et l’origine principale de ces difficultés. Origine principale que l’on sait depuis longtemps (et on ne se trompe assurément pas) se trouver dans les souffrances, stress intenses et répétitifs, mal traitance, séparation beaucoup trop précoce etc. que nos modes de vie infligent aux bébés et très jeunes enfants. Pourquoi ne le dites-vous pas ?

GUY
GUY
1 année plus tôt

bravo pour cet excellent article.
Je fais partie d’une association qui defend les droits de l’homme .Entre autres,nous denoncons les enfermements psychiatriques forces et les diagnostiques psychiatriques abusifs.
Nous disposons de nombreuses informations sur les abus de la psychiatrie.Leur cible actuelle : les enfants qui sont diagnostiques de plus en plus jeunes et mis sous traitement (ritaline)
Je suis a l’etranger en ce moment maia serai a votre disposition en Septembre pour vous mettre en relation avec notre association, si cela vous est utile.

RENARD
RENARD
1 année plus tôt

Votre article me parle…Mon expérience professionnelle,personnelle voire familiale,vont dans le même sens…or,les méfaits de l’approche médicamenteuse à tout crin,ne sont plus à démontrer..Merci pour la qualité de vos publications,toujours très éclairantes et inspirantes….

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