Empathie : une force pour vous

01/10/2017
Empathie : une force pour vous
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Être capable d’éprouver de l’empathie pour les autres est un atout dans la vie

Cher lecteur, chère lectrice,

L’empathie est cette capacité à vous mettre à la place des gens, comprendre leurs sentiments et leur point de vue.

L’empathie va parfois très loin car elle vous permet de ressentir physiquement les douleurs des autres.

Cela peut paraître un problème. Mais nous allons voir que l’empathie est une force.

Les personnes qui manquent d’empathie ne sont pas seulement désagréables à fréquenter. Elles ont aussi, sans le savoir, un handicap.

Lisez la suite pour comprendre votre capacité d’empathie, et apprendre à l’augmenter si vous en manquez.

Nos étonnants « neurones miroirs »

Nous sommes capables d’éprouver de l’empathie parce que nous avons dans le cerveau des « neurones miroirs ».

Comme leur nom l’indique, ces neurones réagissent en miroir aux émotions exprimées par les autres.

Grâce à ces neurones, les émotions des autres se reproduisent en nous. Cela nous permet de ressentir nous-mêmes l’effet de ces émotions, et ainsi de mieux les comprendre, mieux nous mettre dans la peau des autres.

Les personnes narcissiques ou excessivement égoïstes manquent de neurones miroirs.

Si vous n’avez aucun neurone miroir, vous êtes incapable de vous mettre à la place des autres. Vous ne vous souciez pas d’eux, de leurs sentiments, ni de ce que votre comportement risque de déclencher. C’est ce qu’on appelle en psychiatrie la « psychopathie ».

Les « psychopathes » sont ces personnages capables de faire le mal autour d’eux, de faire souffrir leurs victimes sans que cela ne déclenche en eux aucun sentiment pénible.

Normalement, vous ne pouvez voir une personne souffrir sans éprouver vous-même de la détresse. Mais les psychopathes sont indifférents aux douleurs des autres. On a vu certains psychopathes se faire de bons repas et s’amuser franchement devant une comédie télévisée à côté de leur victime torturée et gémissant de douleur.

Ils n’éprouvent pas de pitié.

En revanche, l’empathie est une vraie force pour celui qui est capable de la ressentir.

Pourquoi l’empathie est une force

En effet, les personnes très empathiques ont toutes sortes d’avantages sur les autres.

Elles sont notamment :

  • capables de prévoir plus précisément les actions et les réactions des autres, et font donc moins d’erreur, de faux pas ;
  • Elles ont plus de facilité à résoudre les conflits, privés ou professionnels ; elles sont donc moins embourbées dans les problèmes relationnels ;
  • Elles saisissent plus facilement les « signaux faibles » envoyés par leur entourage, en communication non-verbale ; elles comprennent mieux et plus vite ce qu’on attend d’elles ;
  • Elles persuadent plus facilement les autres de leur point de vue ;
  • En entreprise, elles comprennent mieux les besoins des clients et prennent l’avantage sur leurs concurrents ;
  • Elles sont capables de mieux motiver les autres ; c’est la fameuse qualité de « leadership » si prisée actuellement dans les milieux professionnels mais tout autant dans les activités culturelles, associatives, sportives, politiques…
  • Elles évaluent mieux la façon dont leurs paroles et leurs actions sont perçues par les autres et évitent ainsi les erreurs de communication et les quiproquos ;
  • Elles comprennent mieux le monde qui les entoure parce qu’elles ne sont pas prisonnières de leur propre point de vue ; elles sont capables de voir les choses sous des angles différents, ce qui leur donne une vision plus riche, plus complète et donc plus juste.

L’empathie ressentie comme faiblesse : une erreur courante

Le problème d’éprouver de l’empathie est que vous devenez plus vulnérable.

Souvent, les personnes très empathiques se considèrent elles-mêmes comme « faibles », voire « idiotes ».

En effet, leur tendance à se mettre à la place des autres peut les conduire, parfois, à être exploitées. Certains vont s’apercevoir de leur capacité à se mettre à leur place et vont en abuser.

Abuser de leur spontanéité à aider ; abuser de leur réticence à prêter aux autres de mauvais sentiments qu’elles sont incapables d’éprouver elles-mêmes.

Ces abus, souvent répétés, les conduisent à faire la douloureuse expérience d’avoir été bernées, leur donnant l’impression d’être « trop naïves », voire « débiles ».

Moyennant quoi elles oublient les avantages pratiques considérables, listés plus haut, d’être capable d’éprouver de l’empathie.

L’empathie, une qualité essentielle en médecine

Les dentistes et les médecins qui éprouvent de l’empathie sont beaucoup plus appréciés de leurs patients, qui reconnaissent et recherchent énormément cette qualité.

Ils ont plus de succès et, surtout, une vie professionnelle plus agréable avec des patients plus reconnaissants.

L’empathie est reconnue comme une qualité déterminante chez les adolescents pour leurs chances de réussite future :

« Les adolescents empathiques sont plus motivés et réussissent de façon intentionnelle dans leurs études non parce qu’ils cherchent à avoir de bonnes notes, mais parce qu’ils sont authentiquement intéressés par leur sujet.

 

Ils surmontent plus facilement leurs échecs parce qu’ils ne mettent pas autant d’ego que les autres dans leur travail. »

Vous pouvez apprendre à éprouver plus d’empathie

Le manque d’empathie est la cause de nombreux conflits. Vous ne pouvez pas augmenter le nombre de vos neurones miroirs mais vous pouvez faire un effort pour :

  • Ecouter ce que vous disent les autres, sans chercher trop vite à partager vos propres expériences passionnantes ; en clair : éviter de couper la parole. Un bon exercice est de faire comme les Américains, mais aussi les Suisses : ne jamais commencer à parler sans avoir attendu deux ou trois secondes après que votre interlocuteur ait terminé sa phrase ;
  • Lorsque vous écoutez quelqu’un, intéressez-vous à ce qu’il vous dit, mais essayez aussi de comprendre pourquoi il vous dit cela. Qu’est-ce qui le motive à venir vous parler ? Se pourrait-il que, derrière ses paroles, il cherche à vous faire passer un autre message ? Nous avons un nombre incroyable de messages « codés » que nous utilisons spontanément. Par exemple : « Tiens, il est déjà midi » signifie en général « J’ai faim, ne voudrais-tu pas manger ? » Ou alors : « J’aime beaucoup votre coiffure, votre parfum » est un appel évident.
  • En cas de désaccord qui se prolonge avec un membre de la famille, un ami, un collège : essayez d’imaginer toutes les bonnes raisons que l’autre peut avoir de faire, dire ou penser ce qu’il fait, dit ou pense. Partez du principe qu’il a raison, que vous auriez fait exactement la même chose à sa place, et peut-être même auriez-vous agi de façon plus vive encore ;
  • Lisez des romans et du théâtre : la littérature est le moyen le plus direct et rapide de vivre des expériences complexes que la vraie vie met parfois du temps à vous donner. Les enfants et les jeunes sont obligés, via l’école, à lire et apprennent ainsi à connaître la psychologie des hommes bien au-delà de ce qu’ils peuvent vivre dans le cadre de leur famille et de leurs camarades de classe. Il n’y a pas de raison de stopper cet apprentissage à la fin des études. Continuer à beaucoup lire toute sa vie permet de développer grandement l’empathie.
  • Observez et réfléchissez : éteignez votre téléphone. Au lieu d’écouter la radio ou de consulter votre smartphone dans les transports, regardez les gens autour de vous et imaginez qui ils peuvent être, ce qu’ils pourraient être en train de penser et ressentir, et où ils sont en train d’aller. Sont-ils frustrés ? Heureux ? Sont-ils d’ici ou en voyage ? Ont-ils eu une bonne journée ? Essayez de vous intéresser et de partager leurs préoccupations.

Il s’agit de bonnes habitudes à prendre, qui développent votre psychologie et vos compétences relationnelles.

Bouder : un moyen d’exploiter l’empathie des autres

Grâce, ou à cause de l’empathie, nous pouvons nuire à notre entourage simplement en exprimant notre insatisfaction.

C’est ce que les enfants apprennent très vite à faire en… boudant.

Il leur suffit de montrer un visage fermé, mécontent, et leurs parents ne peuvent s’empêcher de ressentir eux aussi de la mauvaise humeur, ce qui est très désagréable pour eux.

Ce sont leurs neurones miroirs qui fonctionnent en produisant chez eux un sentiment d’insatisfaction, simplement parce qu’ils voient l’enfant (ou l’adulte !) insatisfait.

C’est extraordinaire :

Vous pouvez ainsi gâcher le plaisir de tout un groupe qui s’amuse, simplement en affichant une mine maussade.

Le sentiment est tellement fort qu’une ou plusieurs personnes du groupe vont probablement s’interrompre pour venir vous trouver. Elles prendront le temps qu’il faudra pour tenter de régler votre problème. Le but ? Tout faire pour vous faire retrouver le sourire, notamment afin que le reste du groupe puisse… recommencer à s’amuser.

Bouder est une stratégie particulièrement déloyale et pénible pour faire pression ! C’est pourquoi on apprend aux enfants à ne pas bouder, et les adultes savent qu’il est impoli de faire la tête en public.

L’empathie pour guérir

Je vous avais parlé au début du mois d’août de cette belle étude expliquant que le simple fait de tenir la main d’un conjoint qui souffre réduit la douleur.

De même, on sait que les personnes qui se savent aimées et accompagnées guérissent plus vite. Leur convalescence est plus rapide après une intervention.

Ces effets sont d’autant plus forts que les proches sont capables d’exprimer, et d’éprouver, de l’empathie.

Avec les enfants, aussi, nous avons tous fait l’expérience : Justine est tombée, elle s’est couronnée le genou et hurle de douleur. Son papa accourt et la saisit dans ses bras en poussant des cris lui-aussi : « Ah, oh, que ça doit faire mal, aïe aïe aïe, mais Justine pourquoi as-tu couru si vite, tu dois faire attention !!! »

Et plus papa crie, plus il manifeste qu’il souffre de voir Justine souffrir, plus Justine, elle, se calme, et cesse de pleurer.

L’empathie de son papa l’a guérie.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

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Josette
Josette
2 années plus tôt

enfant, j’ai du faire face au suicide d’une personne proche. L’empathie, mêlée de pitié des uns et des autres m’a été insupportable. omment le comprendre?

Pascal Boulanger
Pascal Boulanger
2 années plus tôt

Bonjour. Mon commentaire sera bref sur le smartphone. J’ai été plus empathique que je ne le suis maintenant ; je suis tombé malade et ceci à amoindri mes facultés. Cette empathie me mettait en marge sociale. Cette humanité est vraiment handicapée et malade.
Pascal

Bérenger.
Bérenger.
2 années plus tôt

Personnellement, il me semble qu’il ne faut pas confondre « sensibilité » et « empathie ». « La sensibilité », tout le monde l’éprouve dès le plus jeune âge. Ils suffit qu’un seul bébé se mette à pleurer dans une maternité pour que tous ses petits confrères l’accompagnent de leurs pleurs. On ne peut pas parler là précisément de compassion et encore moins d’empathie mais plutôt de communication sensorielle. « S’il pleure c’est qu’il a un problème qui pourrait nous atteindre, alors, par sécurité, pleurons donc aussi pour appeler à l’aide. » pensent-ils sans doute. Un peu plus tard, au niveau primaire par exemple, si un enfant vomit,… Lire la suite »

alessandro pendesini
alessandro pendesini
2 années plus tôt
Reply to  Bérenger.

….(car on ne supporte pas la souffrance d’autrui quelle qu’elle soit, puisqu’elle nous fait souffrir aussi !)….
Berenger
Cette affirmation est du point de vue rationnel tout simplement fausse !
Assister à la mort ou souffrance d’un personnage sinistre comme Hitler ou Bush Junior et bien d’autres, par exemple, peut me laisser dans la plus totale indifférence !

alessandro pendesini
alessandro pendesini
2 années plus tôt
Reply to  Bérenger.

Berenger : Je ne peux que me répéter en redisant que l’empathie ne suppose pas que l’on ressente la même émotion qu’autrui ! Il convient de distinguer l’empathie de la sympathie. L’empathie consiste à se mettre à la place de l’autre sans forcément éprouver ses émotions, comme lorsque nous anticipons les réactions de quelqu’un ; la sympathie consiste inversement à éprouver les émotions de l’autre sans se mettre nécessairement à sa place, c’est une contagion des émotions, dont le fou rire peut être considéré comme typique. Autrement dit, on peut être empathique sans éprouver de la sympathie de même qu’on… Lire la suite »

ANQUEZ
ANQUEZ
2 années plus tôt

Non je ne suis pas d’accord avec vous , être empathique cela va bien au delà de la symphatie
la personne empathique peut rencontrer une personne pour la premières fois ne pas avoir de la sympathie, mais ressentir de l’empathie c’est à dire comprendre sa souffrance
mais peut être comme dit Berenger n’avez vous jamais ressenti de grande souffrance dans votre vie et alors je comprends votre raisonnement
mais vous avez tout , il n’y a pas de comparaison entre sympathie et empathique la première est du domaine d’être agréable et empathique est du domaine du moi profond

ANQUEZ
ANQUEZ
2 années plus tôt
Reply to  Bérenger.

Bonjour,
je suis tout à fait d’accord avec vous , pour avoir de l’emphatie envers l’autre il faut avoir compris la souffrance , mais arrivés à ce stade , rien n’est agréable pour nous, car nos ressentis sont exacerbés , nous sommes sont en souffrance, on ne peut ignorer la peine de l’autre et ce n’est pas facile de faire passer notre message

alessandro pendesini
alessandro pendesini
2 années plus tôt

Mr. Jean-Marc Dupuis Pourrais-je vous demander pour quel motif vous avez censuré mon commentaire ci dessous ? Merci pour votre réponse ! Bonjour …..L’empathie va parfois très loin car elle vous permet de ressentir physiquement les douleurs des autres. …Dit l’Article (SNI)…..Ce qui est simplement FAUX ! Aucune étude scientifique, rationnelle, a pu démontrer qu’on puisse ressentir PHYSIQUEMENT ce qu’éprouve une personne qui souffre ! Nous pouvons, au mieux, imaginer ce qu’elle peut ressentir. Confondre l’émotion qu’on peut ressentir avec le mal physique qu’éprouve l’autre est tout simplement grotesque. A noter que certaines personnes, notamment les psychopathes, ne ressentent aucune… Lire la suite »

Marion
Marion
2 années plus tôt

De même, mon commentaire n’apparait plus sous l’article… Ça pose question car il n’était pas agressif. Il questionnait juste la manière (fausse selon à moi) dont M. Dupuis a définit la notion d’empathie

Jean-Marc Dupuis
Editor
Jean-Marc Dupuis
2 années plus tôt
Reply to  Marion

Bonjour,

Merci de m’avoir interpellé sur ce problème.
Je vous prie de m’excuser car j’ai du commettre une erreur. En effet certains commentaires de cet article ont été supprimés.

Merci de votre fidélité,

Jean-Marc Dupuis

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