Sept opérations mortelles à éviter

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Sept opérations mortelles à éviter

Une nouvelle étude de Harvard a porté sur les sept opérations chirurgicales qui provoquent le plus de complications et de décès.

L’étude a concerné 421 476 opérations réalisées en urgence, sur des patients allant de 18 à 105 ans. À elles seules, ces opérations provoquent 80 % des décès, des complications et des coûts chirurgicaux.

Je vous les indique dans l’ordre. Entre parenthèses, vous trouvez respectivement le taux de complication et le taux de décès suite à l’opération :

  1. Appendicite (7 % – 0,1 %)
  2. Ablation partielle de l’intestin grêle (47 % – 6 %)
  3. Ablation partielle du gros intestin (43 % – 5 %)
  4. Ablation de la vésicule biliaire (8 % – 0,2 %)
  5. Suppression d’adhérence abdominale [1] (28 % – 2 %)
  6. Opération d’un ulcère à l’estomac (42 % – 7 %)
  7. Laparotomie (ouverture de l’abdomen pour diagnostiquer ou traiter) (40 % – 24 %)

Les complications provoquées par ces opérations incluent en pratique tous les problèmes médicaux que vous n’avez pas envie d’avoir : atteinte aiguë des reins, de l’appareil respiratoire, arrêt cardiaque, thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire (caillot de sang dans les poumons), infarctus, infection, choc septique et autre catastrophe.

Ce que vous pouvez faire

On a longtemps cru que l’appendicite non opérée évoluait automatiquement vers la gangrène et la perforation – l’opération était donc obligatoire.

Une revue d’étude publiée en 2008 a remis cette idée en cause. Certaines appendicites évoluent spontanément vers la guérison, de nombreuses autres peuvent être traitées avec de simples antibiotiques [2].

Une revue scientifique américaine de chirurgie a publié une étude sur la nécessité ou non d’opérer systématiquement les enfants souffrant d’une appendicite aiguë.

Une nouvelle étude sur le sujet par des spécialistes de l’Ohio (USA) vient d’être publiée [3]. Elle a porté sur 77 jeunes de 7 à 17 ans qui se plaignaient de douleurs abdominales depuis moins de quarante-huit heures et qui ne présentaient pas d’abcès, de phlegmon (inflammation du tissu en général d’origine infectieuse), de péritonite ni d’autres complications.

Leurs parents ont eu le choix entre une intervention chirurgicale et un traitement par antibiotiques. Trente parents ont choisi d’éviter l’opération (contre quarante-sept qui l’ont préférée).

Parmi les enfants qui n’ont pas subi l’opération, 93 % ont connu une amélioration immédiate de leur état dans les 24 heures. Seuls trois enfants ont dû être opérés malgré tout ! 90 % des opérations ont pu être évitées, et étaient donc inutiles !!

Bien entendu, les jeunes qui ont échappé au bloc-opératoire ont repris plus vite leurs activités scolaires et sportives.

Pour les auteurs de ce travail, cités par le Journal international de médecine, « il est donc possible de ne pas opérer systématiquement les appendicites non compliquées, avec un taux de 90 % de succès à 30 jours, une amélioration de la durée de convalescence et une meilleure qualité de vie [4]. »

En France, la leçon est en train d’être apprise lentement… mais sûrement.

Le nombre d’opérations de l’appendicite a diminué et baissé de moitié en l’espace d’une vingtaine d’années, passant de 162 500 en 1997 à 83 400 en 2012 [5].

Une bonne raison de garder votre appendice

Pendant des dizaines d’années, la majorité des chirurgiens ont raconté que l’appendice « ne sert à rien ». On pouvait donc l’enlever et le jeter à la poubelle sans s’inquiéter.

Les chercheurs en médecine, eux, considéraient aussi que l’affaire était « pliée », et jugeaient inutile d’étudier l’appendice.

Il est pourtant très probable que l’appendice joue un rôle important.

En cas d’infection intestinale et de diarrhée, il se pourrait que ce petit morceau d’intestin serve de réserve à la flore intestinale. Elle conserverait les bonnes souches de bactéries, qui pourraient repartir ensemencer l’intestin une fois la crise passée.

Et peut-être que comme la glande appelée thymus, dans la poitrine, l’appendice joue un rôle plus important pendant l’enfance pour le développement du système immunitaire.

Réduire votre risque d’opération

Concernant les autres opérations, le meilleur moyen de les éviter est d’adopter un mode de vie sain.

Voici six conseils simples qui diminueront votre risque de vous retrouver sur une table d’opération :

  1. Faites tout votre possible pour faire au moins un peu d’exercice physique, à l’extérieur, plusieurs fois par semaine.
  2. Soignez votre alimentation en mangeant des légumes, du poisson, de bonnes huiles crues, des fruits bio de saison, des noix, des œufs de qualité, des légumineuses (lentilles, haricots, pois…).
  3. Réduisez votre consommation de sucre et de produits industriels. Fuyez les 4 P : pains, pâtes, pâtisseries, pizza. Mais fuyez encore plus les chips, biscuits d’apéritif, bonbons, biscuits, sodas et glaces.
  4. Buvez un bon verre de vin chaque jour, sans plus.
  5. Vérifiez régulièrement votre tension artérielle ; surveillez surtout son évolution (il ne faut pas qu’elle monte). Réduisez pour cela votre consommation de sel de table (chlorure de sodium) et augmentez celle de potassium (fruits et légumes).
  6. Prenez chaque jour un bon complément de vitamine D (au moins 4000 UI) et un bon complexe de vitamines B.

Vous connaissez déjà tout ça. Ce n’est pas compliqué, mais il faut s’y tenir !

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

Texte de l’article modifié le 30 juin 2016. La laparotomie avait été décrite de façon erronée comme l’ouverture de l’abdomen pour introduire une caméra afin de diagnostiquer ou traiter. En fait, la laparotomie est l’ouverture de l’abdomen pour introduire tout type d’outils chirurgicaux.



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