La maladie rhumatismale : arthrose ou arthrite ?

30/04/2016
La maladie rhumatismale : arthrose ou arthrite ?
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« Docteur, est-ce de l’arthrose ou de l’arthrite ? ». C’est une question que l’on me pose souvent : elle est importante et légitime car ni les conséquences, ni les traitements, ni les attentes ne sont les mêmes.

Essayons d’abord de comprendre !

Tous les étudiants en médecine apprennent en première année cette célèbre locution latine : « dolor, rubor, tumor » . Cela signifie que la douleur, la rougeur et l’augmentation du volume articulaire représentent, cliniquement, l’expression classique de la maladie rhumatismale et de la douleur articulaire. Mais elles peuvent avoir deux origines bien différentes.

La première origine de la douleur articulaire chronique : l’arthrose

C’est une maladie rhumatismale non ou peu inflammatoire, du moins à son début.

On a longtemps dit qu’il s’agissait d’une dégénérescence, d’une simple usure ou d’un vieillissement du cartilage et du collagène de l’articulation.

Ce n’est vrai que partiellement !

Pour comprendre le mécanisme de l’arthrose, il faut connaître la composition du cartilage articulaire : il est essentiellement formé d’eau, de protéoglycanes [1] (PG) et de collagène. Les cellules du cartilage (chondrocytes), si elles ne représentent qu’environ 1 % du volume du cartilage adulte, vont être à l’origine des lésions du fait de leur « emballement » immunitaire.

L’arthrose banale, si elle est au plan anatomo-physiologique une « maladie de dégénérescence et de remodelage du cartilage articulaire », est aussi une maladie qui implique (à moindre titre que dans l’arthrite) des éléments du système immunitaire, comme des cytokines dites « destructrices » (TNF [2], interleukines 1, 17 et 18) et des facteurs de croissance comme l’IgF1.

On a raison de la décrire classiquement comme une destruction puis un remodelage dystrophique du cartilage articulaire, mais il est capital d’ajouter qu’elle devient progressivement la conséquence d’une association de lésions où se suivent et se superposent l’hypertrophie, l’hyper remodelage, l’ostéophytose (à terme, les fameux « becs de perroquet »), la synovite (inflammation des membranes synoviales qui tapissent les articulations et permettent le contact), où les chondrocytes, bien qu’ils ne représentent qu’une faible part du cartilage, jouent un rôle clé au plan immunitaire.

Il est donc faux de parler de simple usure ou de dégénérescence : c’est une véritable déformation du cartilage qui peut entraîner des blessures, des raideurs, des conflits et secondairement des inflammations et des épanchements articulaires.

Cliniquement, ces maladies provoquent des raideurs, des douleurs souvent plus sourdes que violentes qui sont aggravées par le mouvement et la sollicitation des articulations concernées. Les examens radiologiques objectivent la dégénérescence des cartilages ainsi que des déformations osseuses en regard des articulations. Plus tard, on verra très nettement la diminution des espaces articulaires.

L’apparition de cette maladie est dépendante du sexe : il existe plus d’arthrose chez les femmes que chez les hommes.

Il y a incontestablement une prédisposition génétique

J’ai observé que des personnes souffrant (et parfois très précocement) d’arthrose des articulations des doigts avaient des antécédents proches. À l’inverse, face à l’arthrose, de vrais jumeaux peuvent ne pas présenter la même intensité ni la même évolution des symptômes.

Même si l’âge (et l’augmentation de l’espérance de vie) permet de voir plus d’arthrosiques, il ne semble pas que le poids des années puisse être à lui seul une condition suffisante.

Les traumatismes répétés et précoces font partie des facteurs très favorisants de ces remodelages articulaires à l’origine des douleurs, raideurs et limitations du mouvement et des images radiologiques que les médecins connaissent bien :

  • La diminution de l’espace interarticulaire, particulièrement visible dans le cadre de l’arthrose de hanche
  • L’ostéophytose, ces fameuses images « en bec de perroquet » que l’on observe sur d’autres sites comme l’épaule ou le rachis
  • Une densification de l’os autour de l’articulation atteinte
  • Des géodes, sortes d’images arrondies où la densité osseuse semble plus basse
  • L’épanchement articulaire qui survient plus tardivement.

Ce qui devait m’arriver après mon accident de ski

Attention aux prédictions : il y a maintenant plus de dix ans, j’ai eu un grave accident de ski. Mon genou a littéralement « explosé » et j’ai eu plusieurs fractures.

Cela m’a bien entendu conduit à être opéré et surtout à ne prendre aucun appui sur mon genou pendant six mois.

Lorsque j’ai consulté un chirurgien, deux semaines après l’accident, celui-ci ajouta aux critiques de l’intervention (dont il s’excusa par la suite, plus particulièrement encore quand il comprit que j’étais un confrère…) cette sentence un peu brutale : « Dans dix ans je vous placerai une prothèse du genou ! ».

Même si j’ai parfois un peu mal, notamment lors des changements de temps, j’ai toujours mon genou et je dois dire que je m’en sers encore pas mal pour le ski, les randonnées, etc.

Il y a trois ans, un scanner révéla des signes « d’arthrose post-traumatique » mais le spécialiste consulté me confirma « qu’il était urgent de ne rien faire » tant que mes symptômes n’étaient pas plus gênants.

Je connais, par contre, plusieurs sportifs de haut niveau, footballeurs, skieurs, boxeurs… qui, avant même la quarantaine, sont devenus de véritables handicapés.

Mais là encore, les exceptions confirment la règle.

On est bien obligé de se rendre à l’évidence : l’arthrose, comme la maladie vasculaire ou le diabète et quels que soient les facteurs favorisants est une maladie plurifactorielle où l’environnement, le mode de vie, notamment l’alimentation, mais aussi le mouvement (la façon de bouger), le surpoids, peut-être le stress… sont impliqués.

Je n’ai pas l’intention, dans cette lettre, d’aborder les traitements classiques et naturels de ces maladies.

Je voudrais plutôt insister sur ce qui me semble essentiel et très rapidement efficace autant dans les cas d’arthrose que d’arthrite :

  • L’alimentation
  • La façon de se mouvoir
  • L’évitement des microtraumatismes répétés.

L’arthrose (les homéopathes le savent bien) est souvent soulagée par le mouvement lent, doux et progressif, qui ne doit provoquer ni douleurs ni craquements.

Parfois, la douleur est calmée par le mouvement : sensation de « dérouillage matinal » bien classique.

Si vous décidez de vous mettre au yoga, à la gymnastique… faites-le toujours très progressivement, en respirant bien à fond et en ne forçant jamais : « il faut se faire du bien et non le contraire », disent les professionnels de la rééducation et ils ont bien raison.

La deuxième origine de la douleur rhumatismale : l’arthrite

La seconde cause de déformation et de douleur articulaire est représentée par la maladie rhumatismale précocement inflammatoire. C’est-à-dire, l’arthrite. Elle peut toucher une ou plusieurs articulations simultanément.

Elle se traduit par des douleurs précocement plus violentes, aggravées par les mouvements et sollicitations, une rougeur locale, une augmentation et une déformation articulaire : on revient, là encore, à ces quelques mots de latin : « dolor, rubor, tumor »…

Ces affections sont indépendantes de l’âge.

Leur évolution peut être rapidement invalidante. Les articulations concernées peuvent devenir très chaudes et sensibles au toucher. Elles sont souvent dues à la réaction inflammatoire vis-à-vis d’agents infectieux très divers : bactéries, toxiques, virus… Elles guérissent parfois spontanément ou lorsque la cause de l’infection a été jugulée par un traitement adéquat.

L’expérience que de nombreux praticiens ont acquis à travers le travail du groupe « Chronimed », que j’ai initié en 2009 avec d’autres confrères, confirme totalement ce fait.

Les résultats de laboratoire (qu’il s’agisse de sérologies [3], de PCR [4]… ou des fameux « SEM » [5]) ont, dans une majorité de cas, confirmé :

  • Soit le déclenchement de l’affection par un agent infectieux (virus, bactéries, parasites…)
  • Soit que cet agent était toujours présent au moment de la consultation.

Il est vrai que ces agents infectieux sont rarement recherchés et que les médecins qui font ces examens passent pour de doux rêveurs (quand ils ne sont pas considérés comme de véritables charlatans par l’Ordre des médecins ou les caisses d’assurance maladie !).

Ces infections non ou mal diagnostiquées, donc mal soignées, sont liées à des germes bien connus, comme les streptocoques mais aussi d’autres qui le sont beaucoup moins comme les co-infections du SIDA ou de la maladie de Lyme [6]. On va retrouver des germes divers comme des chlamydias, des mycoplasmes, mais aussi des babesias, des bartonelles… des parasites, des mycoses (champignons) qui, chacun, doivent être recherchés lorsque les symptômes ne s’effacent pas. La liste serait ici trop longue. La persistance d’une flore buccale, bactérienne et parasitaire anormale peut être un facteur favorisant.

Il est bon de se rappeler que cette fameuse « maladie de Lyme » qui peut gravement handicaper des personnes très jeunes contaminées à la suite de morsure de tiques, et peut-être d’autres insectes, est décrite « comme une grande imitatrice ».

Le difficile travail du médecin que décrit très bien le médecin américain Richard Horowitz [7] va tenter de faire « la part des causes » entre infections et autres facteurs dans ces cas, de plus en plus fréquents, de douleurs articulaires et invalidantes précoces.

Lorsque ces maladies passent à la chronicité, elles sont souvent qualifiées de maladies auto-immunes : le système immunitaire de l’hôte ne va plus s’y reconnaître. Obligé de se défendre en permanence contre des agents infectieux, il va « s’emballer » et s’attaquer aussi bien à nos cartilages, à nos muscles, qu’à nos artères.

C’est pour cette raison que la maladie est qualifiée d’auto-immune. Le « moi immunologique » n’est plus reconnu ni protégé. Il devient pour nos propres anticorps un « ennemi à abattre ».

Ces affections surviennent sur des « terrains génétiques » particuliers que sont certains groupes que l’on appelle HLA. Les groupes HLA (Human leucocyte antigen), découverts par le Français Jean Dausset qui a reçu à ce titre un prix Nobel, expriment et traduisent la spécificité de la « réaction immunitaire » et donc inflammatoire de chacun.

La polyarthrite rhumatoïde, ou polyarthrite chronique évolutive, le rhumatisme articulaire aigu, les manifestations articulaires de diverses maladies auto-immunes comme le lupus érythémateux disséminé et la spondylarthrite ankylosante sont des exemples de telles maladies.

En fait, et comme toujours, ces classifications sont nécessaires mais quelque peu arbitraires. Les maladies non inflammatoires finissent par provoquer des inflammations chroniques plus ou moins bien maîtrisées. De plus, il est probable que la fréquence et la forme évolutive de ces maladies dépendent aussi de « terrains immunitaires » exprimés au sein des groupes HLA.

Quelles que soient les thérapeutiques proposées par le généraliste, le spécialiste ou des médecines plus naturelles, il y a trois mesures indispensables, prioritaires, et parfois suffisantes à elles seules : l’alimentation, l’activité physique et l’éviction des traumatismes. Je vais vous en parler dans une prochaine lettre. À très vite et surveillez bien votre messagerie !

Sources de cet article :

[1] Protéoglycane

[2] Interféron alpha

[3] Sérologie – Définition

[4] Réaction en chaîne par polymérase

[5] Ce sont les « signaux électromagnétiques » que le laboratoire du professeur Montagnier dépiste dans bon nombre de maladies d’origine infectieuse.

[6] Maladie de Lyme : une maladie aussi grave que négligée

[7] Soigner Lyme et maladies chroniques inexpliquées, éditions Thierry Souccar

 

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