Une inquiétante boule dans le cou

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Une inquiétante boule dans le cou

Vous vous réveillez un matin et, en vous regardant dans la glace, vous remarquez une légère bosse à la base de votre cou, juste au-dessus de vos clavicules. Vous passez le doigt et, en effet, vous sentez une boule étrange, sous votre larynx. Une sourde angoisse vous saisit.

Et pourtant, pas d’inquiétude, il s’agit probablement d’une simple excroissance de votre thyroïde, que l’on appelle nodule thyroïden, du latin nodulus, petit nœud.

La thyroïde est une glande qui a la forme d’un papillon, dans votre gorge. Elle fabrique de la thyroglobuline, une protéine qui se lie à l’iode pour former des hormones, la triiodothyronine (T3), la thyroxine (T4)…. Ces hormones sont importantes : elles sont entraînées par le sang et influencent quasiment tous vos organes, tissus et cellules. Ce sont elles qui permettent à chacune de vos cellules d’absorber de l’oxygène. Sans hormones thyroïdiennes, vous seriez réduit à l’état de plante, incapable de bouger.

Les nodules thyroïdiens, donc, sont de petites boules qui apparaissent très fréquemment dans la thyroïde : on estime qu’une personne sur 2 de plus de 50 ans en possède au moins un. De plus, ils sont 4 fois plus fréquents chez les femmes que chez les hommes. Mais dans la très grande majorité des cas, ces nodules ne causent aucun problème, y compris lorsqu’ils se présentent sous forme de kystes, c’est-à-dire remplis de liquide.

Notez que la taille du nodule n’a aucun rapport avec sa malignité (le danger pour votre santé). Si vous vous apercevez que vous avez une grosse boule, il n’y a donc pas plus de raison de vous inquiéter. Beaucoup de personnes vivent avec un nodule de 3 cm de diamètre (presque une balle de ping pong !) et ne s’en sortent pas plus mal.

La précaution à prendre cependant est de surveiller régulièrement son évolution. Et vous pourriez tout-à-fait avoir la bonne surprise, lors de votre prochaine visite chez le médecin, d’apprendre qu’il a régressé.

Nodule = risque de cancer ?

Evidemment, dès qu’on parle d’une étrange boule qui apparaît, cela évoque l’inquiétante idée du cancer. Mais les nodules n’ont pas beaucoup plus de risque d’être cancéreux que tout autre tissu de votre corps (le pancréas, le poumon…) : seuls 4 % d’entre eux sont cancéreux. Par contre si le nodule est bénin (non-cancéreux), il le reste. A noter que, si le nodule est un kyste, alors ce n’est presque jamais un cancer.

Par contre, cela peut être gênant d’avoir un nodule s’il vous empêche d’avaler ou de respirer. Lorsqu’ils sont gros et mal placés, ils peuvent aussi donner la voix rauque, voire causer une modification du timbre de voix.

Enfin, certains nodules dits « chauds » ont aussi la particularité gênante de produire de grosses quantités de thyroglobuline. Ils déclenchent une surproduction d’hormones thyroïdiennes, ce qu’on appelle hyperthyroïdie. Vous constatez alors les symptômes suivants :

  • accélération du transit ;
  • peau sèche et rouge ;
  • urination fréquente ;
  • accélération du rythme cardiaque ;
  • gros appétit ;
  • nervosité ;
  • insomnie ;
  • perte de poids.

Un nodule peut aussi être un signe d’hypothyroïdie

Si la présence d’un nodule peut déclencher une hyperthyroïdie, son origine peut aussi être que votre production d’hormones thyroïdiennes était insuffisante. Votre cerveau a donc envoyé un signal à votre thyroïde pour la faire travailler plus fort (ce signal est une autre hormone, la TSH, qui stimule la thyroïde).

Sous l’effet de cet afflux constant de TSH, votre thyroïde a fini par développer un nodule.

Alors que faire ?

Lorsque le nodule est gênant, les médecins proposent de vous le retirer au scalpel (un petit couteau bien aiguisé). S’il est sous forme de kyste (une boule remplie de liquide avec souvent des débris solides), on peut le vider avec une seringue mais ça ne sert à rien : en 4 semaines, il se remplit à nouveau.

Pour réduire la production d’hormones thyroïdiennes, les médecins proposent d’anéantir des cellules de la thyroïde avec de l’iode radioactif ou carrément une ablation de la thyroïde, au scalpel également.

Le résultat de ces interventions est presque toujours une hypothyroïdie, c’est-à-dire une production d’hormones thyroïdiennes trop faible. Pour faire remonter votre niveau d’hormones, votre médecin vous prescrira des cachets de Lévothyrox ou L-Thyroxine.

Si vous êtes sous Lévothyrox depuis 10 ou 20 ans, mieux vaut continuer ce traitement, mais si vous venez de démarrer, alors demandez à votre médecin s’il ne préférerait pas vous prescrire de l’Armour Thyroïd (malheureusement indisponible en France). Il s’agit d’un extrait naturel de thyroïde porcine qui contient non seulement de la T3 et de la T4, mais également de la T1 et de la T2 qui vous aideront à normaliser votre équilibre hormonal.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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