L’épuisement nerveux (burn out), mal du siècle

24 commentaires - 4468 lectures
L’épuisement nerveux (burn out), mal du siècle

Cher lecteur,

Votre lettre d’information du jour a été rédigée par Pierre Lance, auteur de « Savants maudits, chercheurs exclus ».

Je vous souhaite une bonne lecture.

Jean-Marc Dupuis

L’épuisement nerveux (burn out), mal du siècle

Concurrence, compétitivité, efficacité, productivité, tels sont les maîtres-mots des sociétés modernes, entraînées dans la masse tourbillonnante de la production de masse, de la technologie performante, de l’informatique omniprésente et de l’obsession du profit et du pouvoir d’achat.

Cette frénésie collective n’est pas sans conséquences sur la santé des individus en termes d’extrême fatigue nerveuse et psychique, ce dont on commence tout juste à prendre conscience. Car, depuis quelque temps, une sorte de «maladie du travail» se répand dans les entreprises, et ce sont évidemment les plus consciencieux, les plus chargés de responsabilités – les cadres notamment -, les plus soucieux de bien faire, les plus émotifs aussi, qui sont confrontés les premiers à ce stress permanent. Et il peut advenir que celui-ci déborde complètement leurs défenses organiques, les amenant au stade d’épuisement émotionnel que les Américains nomment «Burn out» (qu’on peut traduire par «être consumé», «s’éteindre»).

 L’homme de Cro-Magnon devant l’ordinateur

Le drame de l’homme moderne, c’est que son cerveau et son système nerveux ne se sont guère modifiés au cours des cinq derniers millénaires, et sans doute pas du tout durant les deux derniers siècles. Or, quelle commune mesure y a-t-il entre le travail de notre ancêtre paysan de 1812 et celui de son descendant de 2012 vissé devant son ordinateur ? «L’homme est un étranger dans le monde qu’il a créé», déclarait déjà Alexis Carrel (Prix Nobel de médecine en 1910) qui pourtant ne connaissait pas encore la télévision, ni l’ordinateur, ni le téléphone portable.

Que dirait-il aujourd’hui ? Il ne pourrait que souligner sa sentence de deux traits appuyés. Chacun apprécie l’efficacité des moyens modernes de communication, mais on oublie qu’ils augmentent considérablement la pression mentale exercée sur chaque individu. Sacha Guitry disait déjà, en substance : «Avec le téléphone, n’importe qui vous sonne comme autrefois le maître sonnait son valet.» C’est terriblement exact ! Et Guitry non plus ne connaissait pas le portable.

Aujourd’hui, pour peu que vous occupiez un poste de responsabilité, il vous est pratiquement impossible d’échapper aux sollicitations de toutes sortes qui viennent à l’improviste vous déconcentrer et vous obligent à penser à trente-six choses à la fois. Comme ce n’est pas possible, vous en oubliez la moitié, d’où un stress supplémentaire, une anxiété au sujet d’une erreur éventuellement commise et un obscur sentiment de culpabilité qui finissent par user prématurément votre système nerveux.

Tant que vous êtes jeune et en bonne santé, vous tenez le coup à peu près, mais dès que vous passez la quarantaine, cela devient de moins en moins supportable. Or, les conditions économiques et sociales actuelles (mondialisation, allongement de la durée de vie, vieillissement des populations occidentales…) conduisent inexorablement à repousser l’âge de la retraite. Comment concilier ces deux impératifs contraires ? Entre usure nerveuse prématurée et nécessité de travailler plus longtemps, il y a téléscopage.

 Les entreprises au pied du mur

Ce sera la problématique principale des entreprises dans les vingt années à venir. Il leur faudra trouver le moyen de «déstresser» leurs employés, où elles subiront une baisse importante de productivité, tandis que la Sécurité Sociale, déjà si mal en point, croulera sous les arrêts de travail.

Certaines entreprises s’en préoccupent déjà, mais beaucoup ne s’en soucient guère ou se contentent de «rajeunir» leur personnel. Le Dr François Baumann, dans son ouvrage intitulé Burn out, quand le travail rend malade (Editions Josette Lyon) écrit : «Le paradoxe étant que la personne ainsi  »consumée » ne voit pas clairement les conséquences de son état : elle n’est pas encore consciente d’être entrée dans une pathologie. Elle va poursuivre son travail à un rythme effréné et même accéléré par rapport à ses habitudes… mais avec une absence d’efficacité, une redondance dans l’effort qui entretiendra cette démotivation générale en rapport avec la faiblesse des résultats obtenus.»

Car c’est en effet la démotivation qui menace le «consumé», dégoûté de constater que son redoublement d’efforts n’obtient pas les résultats souhaités. Ou bien, pire encore, il a recours à des subterfuges : tabac, alcool, drogues, somnifères, antidépresseurs, etc. pour masquer le problème sans le résoudre. Il peut tomber alors dans des addictions dont les méfaits viendront s’ajouter à son épuisement et l’enfermer dans une situation intenable dont il ne pourra plus sortir.

Une enquête de l’IFAS (Institut Français d’Action sur le Stress) et portant sur 13.000 personnes, montre que le facteur stress au travail représente aujourd’hui pour un homme sur cinq et pour une femme sur trois un élément de risque-santé important… On ne peut qu’être inquiet en ce qui concerne l’évolution rapide et prévisible des troubles psychiques, mais aussi des troubles articulaires et des douleurs musculaires; si rien n’est fait, c’est à une véritable explosion que l’on peut s’attendre dans les prochaines décennies.

Il apparaît clairement à tous les observateurs que le formidable développement de l’informatique a considérablement augmenté la pression quasi permanente sur le système nerveux des utilisateurs. C’est l’ensemble de la société moderne qui en pâtit, étant soumise tout entière à une «communication» de plus en plus envahissante. Sous une première apparence d’accroissement de liberté, il s’est en effet constitué peu à peu une sorte d’esclavagisme de l’informatique dont la prise de conscience se fait beaucoup trop lentement pour que les «parades» se mettent en place avant que les problèmes de santé qu’il engendre ne deviennent catastrophiques.

La multiplication des agressions

L’expansion de l’informatique n’est pas apparue immédiatement comme un danger, tout au contraire. Le caractère en quelque sorte «magique» de ses possibilités techniques a tout d’abord émerveillé, voire fasciné, ses praticiens à tous les niveaux. La facilité de son utilisation, après une courte formation, la rapidité et l’efficacité de sa mise en oeuvre sont apparues comme constituant un progrès technologique majeur et un facteur décisif de productivité accrue, doublée même d’une sorte d’ «amusement», à propos duquel il fallut bientôt déchanter. Car si la «triple associée» clavier-souris-écran est on ne peut plus attractive, comme on le constate notamment sur les adolescents, elle soumet nos organismes de façon insidieuse à une complète dépendance à la machine qui a des effets ravageurs. Essayons d’établir le catalogue de ses méfaits, dont nous sommes trop souvent inconscients :

  1. L’ordinateur immobilise notre corps dans une position fixe qui limite à l’excès les mouvements de nos membres, ce qui est très dommageable à notre musculature, tout autant qu’à nos appuis osseux, à notre circulation sanguine et à notre transit intestinal.

  2. La souris emprisonne notre main droite et la soumet à des mouvements saccadés répétitifs qui n’ont rien de naturel, tandis que le clavier hypersensible conçu pour favoriser la rapidité de la gestuelle crée une fatigue neurologique constante.

  3. L’écran «hypnotise» littéralement notre regard, limite à l’extrême notre champ de vision et restreint abusivement la portée de celui-ci, ce qui diminue peu à peu ses facultés d’accommodement à la «ligne d’horizon» et nous menace de myopie. A quoi s’ajoute la permanente fatigue oculaire causée par une luminosité directe.

Est-il besoin de préciser que toutes ces agressions sont fortement aggravées dès que les nécessités professionnelles exigent une grande rapidité d’exécution des travaux. C’est alors une pression psychologique intense qui s’exerce à la fois sur notre mental et notre système nerveux, cette pression pouvant nous conduire, dans les cas extrêmes et sur les personnes plus fragiles, à un complet dérèglement de notre métabolisme et de nos facultés adaptatives.

En fait, si une activité de ce type est maintenue durant plusieurs années, la dégradation progressive de la santé est quasiment inéluctable. Tant que l’organisme est jeune, il supporte et s’adapte. Dès que l’âge commence à faire son oeuvre (autour de 40 ans en moyenne), ses défenses sont débordées et l’épuisement nerveux se déclare.

Quels remèdes sont envisageables ?

Les anxiolytiques ou antidépresseurs peuvent apporter une aide toute passagère et l’erreur serait de s’y accoutumer, car ils ne résolvent nullement le problème. Les seules solutions concrètes sont de deux ordres : celles qui dépendent de l’entreprise dans laquelle on travaille et celles qui dépendent de l’individu lui-même, ce qui n’exclut pas leur interaction souhaitable.

Il est aujourd’hui indispensable que les chefs d’entreprise comprennent que le bien-être physique et mental de leur personnel est la base même de leur productivité. L’énorme pression psychologique engendrée par l’informatique et sa rapidité (sans parler des dangers liés au rayonnement électromagnétique des ordinateurs et des téléphones portables, auxquels on ne peut pas être continuellement exposé sans dommages) nécessite au sein des entreprises une organisation fonctionnelle des locaux et des horaires permettant à chacun de pouvoir se détendre, se relaxer, «se récupérer» et prendre de temps à autre ses distances avec la surcharge émotive et psychologique ambiante.

Il faut à chacun de l’espace, du silence et du calme. Il est également indispensable que les postes de travail soient organisés en fonction d’une ergonomie efficace mise au point par des professionnels. Le travailleur doit bénéficier d’un confort maximal, car celui-ci, bien loin d’être un luxe, est un facteur capital d’efficience et de productivité et un bon moyen d’éviter l’absentéisme. C’est donc à l’avantage de l’entreprise autant, sinon plus, que de ses employés.

Quant à l’individu lui-même, il lui faut impérativement se ménager, apprendre à se relaxer dès que c’est possible, saisir la moindre occasion d’un déplacement physique (par exemple : préférer porter un papier vers un bureau voisin plutôt que le transmettre d’un ordinateur à un autre). L’idéal est de ne pas rester devant un ordinateur plus de 30 minutes sans bouger. Se lever et faire quelques pas, ne serait-ce que durant 2 minutes, a des effets beaucoup plus bénéfiques qu’on ne l’imagine.

Si les dirigeants de l’entreprise n’ont pas la capacité d’accomplir les aménagements nécessaires et si le salarié ne parvient pas, à son niveau, à réduire les néfastes effets d’une pression excessive, il ne lui reste plus qu’à changer de vie et de métier. Certes, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais dans certaines situations intenables, c’est le seul moyen de sauver sa santé, élément primordial de notre bonheur et qui ne doit jamais être sacrifiée.

Pierre LANCE

24 commentaires - 4469 lectures

Réagissez avec la communauté
et laissez un commentaire sur cet article

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas publié)

XHTML: Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Current month ye@r day *

  1. Marie

    Tout à fait d’accord avec vous sur le développement de l’article, pour ma part travaillant à des cadences soutenues et pourtant étant dans le médical depuis 32 ans en bloc opératoire (frappe des comptes rendus), pas de possibilité de prendre de pause de 7 H 30 à à 17 H j’ai développé ces dernières années des épisodes d’eczéma et lymphoedeme des membres inférieurs qui m’ont valu 2 hospitalisations et des arrêts de travail très longs, pas de poste adapté possible, il ne me reste que la possibilité d’ être mise en invalidité…….

    Bien à vous

    Répondre
  2. Michèle F.

    J’ai lu avec attention cet article, étant moi-même victime d’un burn out.
    Non professionnel.
    C’est pourquoi je me permets de signaler qu’on peut « cramer » pour d’autres raisons que le travail ! J’ai cherché sur Internet et à chaque fois, burn out = travail.
    Pour faire court, j’ai fait une grave dépression à 30 ans, j’ai élevé seule ma fille, veillé sur ma mère, aucun soutien familial, pas de conjoint, soucis d’argent, de santé, etc, je ne vais pas vous faire toute la liste, mais vivre de longues années dans l’angoisse de perdre son travail, la peur de ne plus pouvoir élever sa fille, la terreur du moindre problème de voiture ou de machine à laver car on n’a pas les moyens, et bien ça a été aussi efficace que le stress au travail pour me mettre par terre. Bien sur, il y avait aussi le travail, qui devenait de plus en plus difficile à exécuter au fur à mesure que mes forces physiques et intellectuelles diminuent, ce qui en ajoute aussi. (J’ai malheureusement un caractère perfectionniste, comme beaucoup des gens à qui ça arrive). J’ai 47 ans, j’ai passé 6 mois et même plus vidée de forces, avec même un mois couchée à demander à mes amis de se relayer pour s’occuper de moi,
    C’est venu année après année, depuis environ 4 ou 5 ans, un coma matinal de plus en plus épais et noir, une fatigue perpétuelle, des WE couchée à tenter de récupérer au lieu de vivre un peu, un mal de dos languissant (du aux tensions nerveuses) qui augmentait régulièrement, un épuisement général qu’il est très dur de soigner car pour mon médecin et après analyses et examens, je suis en PARFAITE santé !
    Après un hiver très poussif, je commence doucement à revivre, j’y mets beaucoup du mien, je me fais violence, mais c’est un parcours du combattant et surtout, de solitude, ne surtout pas en parler car les gens ne comprennent pas ! Alors pas besoin d’entendre en plus qu’on est fainéant et qu’on abuse de la société en étant au chomage et en ne cherchant pas de travail, c’est déjà assez dur de se sentir totalement incapable de travailler.
    Voilà, peut-être que d’autres personnes se reconnaitront plus ou moins dans ce burn out plutot « émotionnel » que « professionnel ».

    Répondre
    • Karine Branger

      Michèle,

      vous avez raison les causes du burn-out ne sont pas toujours dans le travail. Il peut prendre racine au sein de la famille, notamment pour le burn-out maternel, mais aussi dans l’oubli et le sur investissement de soi (voulu ou subit) d’un accompagnement compassionnel dont la charge émotionnel est bien trop lourde à porter seule. il faut vous faire accompagner d’une personne qui va vous comprendre, ne restez pas isolée. Ce que vous vivez est vrai et respectable. Votre douleur, fatigue extrême ne sont pas de la fainéantise mais bien un syndrome qu’il faut combattre. Je suis de tout coeur avec vous.

      Répondre
  3. Hélène

    Ouille……….. Je connais, en 2007 un matin, mes jambes ont refusé de me porter……. Il y avait bien eu des signes annonciateurs, mais j’ai refusé de les écouter et d’écouter mon médecin qui voulait me mettre en congé. S’en est suivi une dépression bien sûr, de me voir dans cet état!

    C’est venu d’un coup, mon cerveau a « buggué » comme un disjoncteur et refusé tout travail intellectuel et mon corps de se lever le matin. Je n’arrivais même plus à faire un calcul simple, une addition comme 7+2, même sur mes doigts, plus aucune formalité ou même la liste de courses… Je me suis « ré-éduquée » seule avec beaucoup de sommeil, de repos et des livres de tests psychotechniques et autres bouquins d’énigmes à résoudre + tests de QI.
    2 ans de congé longue durée ont suivis, reprise à mi-temps thérapeutique puis à temps plein mais j’ai levé le pied sur plein de chose: désormais, c’est moi d’abord! Depuis, je n’ai plus la télé, et ne reste plus aussi longtemps devant l’ordi!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Alors, si je puis donner un conseil: ne faites pas comme moi!!!! Pensez à prendre du repos et distrayez vous ailleurs que devant l’ordinateur ou la télé, et surtout ne croyez pas que votre patron vous dira merci ou vous plaindra: personne n’est irremplaçable.

    Répondre
  4. Gérard G

    Je suis un adepte des médecines douces depuis 1977 (j’ai bani toutes formes de remèdes chimiques), personnel de cadre dans l’audiovisuel j’ai vécu le burn out en 2004 et c’est mon homéopathe de l’époque qui m’a remis (presque) sur les rails.
    Actuellement en traitement depuis 3 mois auprès d’un médecin homéopathe et acupuncteur qui utilise le « physioscan » comme assistance au diagnostique.
    Et le résultat est déjà là, toutes mes angoisses et mes douleurs ont disparu comme par enchantement et j’ai retrouvé la forme olympique.

    Répondre
    • christiana

      Je suis en burn out aussi avec des douleurs phisiques et des troubles intellectuelles avec des troubles de la memoire, pouvez vous me dire ce qui marche bien en homeopathie, car j’ai eu 2 hospitalisation car brulures des muscles et dos avec une extreme fatique à dormir 20h sur 24 depuis 3 mois, et je n’en vois pas la fin, je me sens debordée dans tout et j’ai un rythme beaucoup plus lent sans pouvoir me sortir de situation phisique ou intellectuelle, quel traitement homeopatique peut fonctionner ou quel sont les points d’accupuncture conseillé ? Merci de me repondre meme un message court . bon retablissementet bon courageà vous

      Répondre
  5. Aenea

    Si les petites entreprises peuvent saisir le message de cet article et le mettre en oeuvre, c’est plus difficile a espérer de la part des grands groupes. La pression du rendement ne cesse d’augmenter, c’est vrai, mais je ne suis pas sûre que ce soit le fond du problème. Laplupart du temps, ils ont sélectionné leurs managers sans aucune vérification de leurs compétences managériales réelles, hormis celles d’avoir plu a X, Y ou Z pour le poste … Donc, l’astuce ensuite pour l’heureux élu consiste à camoufler au mieux son incompétence en éreintant au besoin l’équipe qui lui est confiée pour plaire a son maître et recevoir une jolie prime (lequel doti en faire de même avec son propre maître, et ainsi de suite …). Non non non, je n’exagère pas, c’est du vécu !

    Répondre
  6. Pierre

    A un moment donné, vous aviez envoyé un article disant q’un peu de stress était bon pour la santé, que le cerveau était ainsi dynamisé…..
    apparemment, il y a , comme pour le cholestérol,plusieurs niveaux de stress, ou un bon et un mauvais stress !
    Je crois surtout que c’est la nature et leur fréquence de certaines conditions extrêmes de stress qui usent les individus, difficilement quantifiables,mais quand le niveau est à son comble,il devrait y avoir des signes qui ne trompent pas et ce serait bien d’en dresser une liste des symptômes, avant-coureur et après coup !

    Répondre
  7. T.D.

    Que faire quand on le sent arriver à grands pas et qu’il n’existe aucune solution satisfaisante pour améliorer les choses ?
    Comment éviter de sombrer quand les difficultés se situent autant dans le cadre professionnel, que le cadre familial et affectif ?

    Répondre
  8. isabelle

    Bonjour, j’ai lu avec grand interêt information sur l’épuisement nerveux. Educatrice spécialisée à l’aide sociale à l’enfance pendant de nombreuses années, j’ai eu une grande dépression, qui a durée de longue années. Je travail au conseil général, à ma reprise j’ai été « reclassée » à la bibliothèque départementale où je n’arrive pas à m’épanouir, donc j’ai demandé à partir, mais quel travail? La DRH me dit il faut faire des formations dans la bureautique, avaec l’ordinateur, mon corps se refuse, ma tête aussi, j’ai un épuisement qui grandi de plus en plus. J’aimerai mettre en place au sein du conseil général une organisation pour le bien être du personnel, dans certaine entreprise, c’est mis en place, si vous avez des pistes je suis preneuse. Merci pour tout vos articles que je dévore.

    Répondre
  9. Alexandrine D.

    Va falloir que je lève le pied… Gros épuisement depuis dimanche, je me reconnais dans les témoignages en commentaires sous l’article… Le « coma matinal », la difficulté croissante de faire des « efforts intellectuels »… Toutes les semaines, faire les menus de la semaine et la liste de course est plus difficile.
    Merci pour l’avertissement, je vais suivre vos conseils. Je me dis depuis un moment que je n’ai pas le temps de me reposer. J’ai encore moins le temps de faire un burn out !!!
    Et pour commencer, je vais décoller de mon ordi ! C’est vrai que j’y passe mes journées, pour le travail (je travaille à la maison, et quand les enfants sont en vacances, c’est pas évident à gérer !) et pour me détendre (mais visiblement c’est traître comme détente…).

    Répondre
  10. jean daniel

    sans oublier le syndrome de la secrétaire
    de plus en plus de femme souffre de discopathie étagé au niveau des cervicaux
    car on a tendance a avancer légèrement la tête en relevant un peu le menton devant l ordinateur
    ou la petite rotation gauche droite continue de la tête. un ecran de 24 pouces doit être placer à une longueur de bras , ceci évitera les problème de rotation de la tête …n’avancez pas votre tête pour lire un texte trop petit mais grossissez les caractères…..

    Répondre
  11. fanny

    Tout à fait ok avec votre développement. Moi même victime de cette situation, j’ai luté pendant 11 ans dans un poste à responsabilités, seule, alors qu’il aurait du y avoir au moins 2 autres personnes pour bien faire. L’employeur me refusant toute formation, toute information que les autres pouvaient avoir dans l’entreprise. Il fallait que je me batte sans cesse pour être au niveau des autres dans les infos qui nous sont indispensables. Je travaillais 24 h sur 24, 7 jours sur 7 pour arriver à faire ce que j’avais à faire. Les derniers temps, on m’ a interdit de faire plus de 7 heures par jour, mais on m’a toujours refusé de l’aide. Je suis devenue de plus en plus stressée, limite agressive et la seule solution que l’employeur a trouvée, c’est de tenter de me licencier.
    L’inspection du travail a refusé mon licenciement, car en plus du reste, je suis salariée protégée. J’ai « pété » les plombs définitivement, alors que j’étais déjà sous anti dépresseurs depuis 6 ans. Je suis en arrêt maladie, reconnue en ALD, c’est à dire affectation longue durée, pour 3 ans. C’est tout ce que le médecin de la sécu et celui du travail on trouvé pour me sortir de là. Chaque fois que je veux essayer de reprendre le travail, cela n’est pas possible, car alors que mes remplaçantes sont au nombre de 2.5, on me propose de reprendre mon poste seule.
    Donc je reste en arrêt, car en plus de tout cela, j’ai d’autres conséquences assez graves sur la santé. J’ai 60 ans, je ne peux donc pas retrouver un autre travail dans une région déjà sinistrée.
    Je suis allée au tribunal pénal, qui m’a déboutée. Je vais tenter les prud’hommes, sans grande conviction. Ensuite, j’attendrais de faire mes 3 ans d’ALD, et je serais reconnue inapte au travail. C’est tout ce qu’on a pu me proposer pour me protéger.
    Mais pendant ce temps là, l’employeur n’ a jamais été inquiété et à ce jour encore pas.
    Voilà où mène ce genre de situation. En plus les revenus baissent…
    Donc, ce que je veux dire, c’est que rien ni personne, même pas un emploi, ne vaut la peine de se mettre dans cet état. Alors si jamais vous vous reconnaissez ne serait-ce qu’un tout petit peu dans ce portrait, surtout, partez, car même si ça n’est pas facile de trouver du travail à l’heure actuelle et que vous mettez du temps à en trouver un autre, faites tout ce que vous pouvez pour vous sortir de cette situation. Bon courage à tous.

    Répondre
  12. florence G

    Envoyez aussi ce message dans les boites mails de nos dirigeants et au monde patronale afin qu’ils prennent connaissance du problème car leur exigence de maintenir une attention dans la rapidité et la dextérité est que trop souvent leur critère de sélection à l’emploi

    Répondre
  13. Gérard G

    Auriez vous l’extrême obligeance de ne plus m’envoyer de publicité concernant l’adhésion à la lettre du Dr Thierry Hertoghe.
    Je vous remercie de votre attention.

    Répondre
  14. isabelle C

    Moi aussi j’ai senti que je commençais à craquer, je travaillais avec un tyran, mon bureau était au 1er étage lui au rez de chaussé, il me demandait de descendre toutes les 10 minutes à moi les escaliers (60 ) puis j’ai eu mal au genou je lui dis et là il a fait en sorte que je monte plus encore les escaliers, je travaillais de 9H à 19H30 il en demandait encore plus, j’ai posé 1 jour de repos pour mon fils, il m’a dit il faut choisir entre le travail et la famille, quand j’ai été malade 2 jours il m a envoyé une lettre recommandée tout ça pour 1400 Eur, j’ai tenu 10 ans plus j ai démissionné, je suis partie à la campagne, je gagne plus je travaille 5 jours je revis,

    Répondre
  15. Lyly

    Je me disais la même chose que Michèle F. pourquoi n’ont-ils associés le burn out qu’au travail rémunéré par un patron. Le burn out existe aussi pour les parents au foyer, il faut toujours être souriant, toujours être disponible, aller au toilette quand on peut et non quand on a besoin, manger un grand mot, les 3/4 du temps vous enfilez votre assiette en 2-2 pour avoir ne serait-ce que le plaisir de manger sans être entrecoupé et chaud, ne surtout jamais se plaindre (ben oui quoi on ne travaille pas en s’occupant de nos enfants, c’est bien connu), avoir une maison nickel, les courses faites, un minimum de coquetterie pour le conjoint, le linge à jour…. Et comme le dis Michèle F. quand l’argent et l’aide familiale ne sont pas là, vous tenez la barre comme vous pouvez et vous savez qu’à un moment ou à un autre tout va lâcher. Personnellement, je me vois sombrer tout doucement, mais je ne sais pas comment faire.
    Donc parent au foyer = super femme de ménage, super nounou et super amant(e). Une fois que l’on a essayé de mettre les trois en pratique, le seul temps qui vous reste c’est de faire un petit dodo. Pas de temps pour avoir du temps pour soi. Et au bout d’un moment, le burn out fait sont apparition.

    Répondre
  16. Claire

    Le burn out ne touche pas que les salariés des entreprises ; le milieu médical et l’éducation ne sont pas épargnés.
    J’étais directrice d’une école maternelle à 4 classes, ce qui impliquait et la direction de l’école et l’enseignement dans ma classe de 29 élèves de 3/4 ans. Pendant 3 ans et demi, j’ai donc mené gestion administrative et enseignement de front, avec un sentiment de frustration de plus en plus grand, l’impression grandissante de ne pas arriver à faire quoi que ce soit correctement, une fatigue intense, un temps de plus en plus important passé à travailler avec une efficacité en déclin, bref une sensation accrue d’incompétence et de mauvaise estime de soi. J’étais sous antidépresseurs, mon psychiatre me disait que j’allais droit dans le mur et pourtant, j’ai cru pouvoir tenir : trop de choses à faire, pas le temps de m’arrêter!
    Un matin, en 2007, je suis partie comme d’habitude au travail ; je n’y suis jamais arrivée. En cours de route, alors que rien ne le laissait présager ce matin-là, j’ai totalement craqué : mon pied a refusé de continuer d’appuyer sur l’accélérateur de ma voiture, je me suis mise à sangloter et à trembler… et j’ai fait demi-tour à quelques centaines de mètres de mon école ; je suis rentrée chez moi. J’étais à 2 ans et demi de ma retraite, je n’ai jamais pu reprendre le chemin de l’école.
    A ma demande, j’ai passé un mois et demi en service psychiatrique, pensant que je m’en sortirais plus rapidement : ce fut une belle erreur ; cela ne m’a absolument pas aidé ; par contre, la quantité et la force des médicaments absorbés m’ont complètement dégoûtée de la médecine allopathique. J’ai changé de médecin, je me suis tournée vers l’homéopathie : peu à peu, très lentement, les antidépresseurs ont été diminué, l’homéopathie a accompagné cette diminution puis s’est substituée aux antidépresseurs conventionnels quand cela est devenu possible.
    De plus, le burn out n’était pas reconnu dans l’éducation nationale (actuellement, je ne sais pas) : jamais on ne m’a accordé de congé longue maladie ; j’étais arrêtée de mois en mois et cela a bien sûr eu plus tard des conséquences sur le montant de ma retraite en plus des conséquences psychologiques sur le moment : ne pas être reconnue dans ma souffrance par mon administration, ne pas me sentir au bon endroit au bon moment (ce n’était évidemment pas ainsi que j’avais imaginé ma fin de carrière), un sentiment d’échec et aussi d’injustice, c’était extrêmement difficile à supporter. Des années durant, j’ai fui le centre-ville où se trouvait mon école : trop douloureux, trop angoissant. Je ne supportais même plus de passer devant une école où que je me trouve : boule d’angoisse, crise de larmes… Même à l’étranger quand j’allais voir mes petits-enfants! J’ai commencé à me sentir mieux lorsque ma retraite est arrivée ( enfin au bon endroit au bon moment!) mais il m’a encore fallu 3 années supplémentaires pour pouvoir tourner définitivement la page. Donc, plus de 5 ans à me remettre de cet épuisement.
    Certes, je garde quand même une certaine fragilité mais j’ai aussi, et surtout, acquis bon nombre d’outils qui me permettent désormais de faire face à d’autres difficultés de la vie en étant beaucoup plus calme et en prenant beaucoup plus de recul. Je sais aussi désormais quand et à quels professionnels demander de l’aide ou juste à qui parler dans mon entourage (vive les Amies, les vraies!) afin de ne plus rester seule face à ce qui peut me sembler trop difficile à gérer. Parfois, juste « dire » permet aussi de prendre un peu de recul et de voir les choses autrement. Surtout ne pas se replier sur soi et se fermer aux autres. Surtout prendre le temps, même s’il semble qu’on ne l’a pas, de se poser, prendre un peu de temps pour soi : qu’est-ce que quelques heures « volées » au travail ou au quotidien à côté d’années de souffrance?

    Répondre
  17. Françoise C

    merci pour cet article tellement d’actualité

    kinésithérapeute en retraite ,je donne des cours d’étirements musculaires qui ont un effet déstressant , et qui permettent une recharge énergétique , j’estime qu’en 5 minutes on peut se « recharger » et se déstresser, si les entreprises pouvaient autoriser leurs salariés à s’étirer pendant 5 MINUTES ,aussi souvent que nécéssaire tout le monde y trouverait son compte ,…….les salariés ,les chefs d’entreprise et la sécurité sociale …….
    mon slogan : « s’étirer ou souffrir ,il faut choisir » je veux bien communiquer mon expérience .

    Répondre
  18. benedicte

    si le bonheur dépend de la santé,que dire d elle quand ,comme vous le préconisez,les gens ont quitté leur travail et ne peuvent plus manger correctement?votre raisonnement n est pas raisonnable!
    « élite,club fermé »ça me rappelle vaguement quelquechose…on sent bien votre désir de bien de l humanité….à condition qu elle ait de l argent!….

    Répondre
Retour en haut de page